Départ dans, très exactement, et compte tenu du décalage horaire...

ILS VOUS RACONTENT LEUR MARATHON


Jacques Viala - jviala@wanadoo.fr - 30.03.200
[HAVAS - NEW-YORK] Mon moment fort
Un grand moment du marathon de NY en 2002 ? C’est difficile à dire. J’ai raconté mon aventure sur le forum 2002 quelques jours après la course. Ce texte est encore en ligne à l'adresse http://www.club-marathon-france.org/new_york/raconte.html (titre : mon marathon)
Mais dire quel fut LE GRAND MOMENT : je dirais pour moi ce fut le départ au son du canon, la musique de New York New York qui chante très fort dans la sono. Les premiers mètres au pas puis on passe l’arc de ballons qui délimitent la vraie ligne de départ et enfin en petites foulées on attaque le Verrazzano qui monte monte pendant un 1,6 Km . Au milieu on attaque la pente descendante et on accélère gentiment. C’est beau grandiose. Ensuite l’entrée de Brooklyn avec les premiers spectateurs. Je ne pourrais jamais oublié.
Le Queensborrow Bridge est magique lui aussi dans la mesure où la fatigue commence à se faire sentir, mais quand on déboule dans les virages de la sortie et que la foule est là qui crie encourage, j’ai repris de forces comme si je démarrai la course au kilomètre zéro. Si ce n’était la foule qui encourage et particulièrement les français, je n’aurais jamais fait le temps que je n’espérais pas puisque ce marathon était mon premier. Je ne revivrai jamais ce moment là si ce n’est de nouveau à New York.
Dimanche 6 avril je ferai le marathon de Paris qui est très certainement un des plu beaux du point de vue du parcours, mais coté ambiance je m’attends à ne ressentir que de l’indifférence voire carrément de l’hostilité de la part de ceux qui seront génés par le passage de la course.
Bonne préparation pour tous les futurs marathoniens de NY ou de Chicago
Jean-Luc EXCOFFIER - jlexcoffier@wanadoo.fr - 29.03.2003
[HAVAS - NEW-YORK] Mon moment fort

Salut à tous,
Merci à Gérard d'ouvrir cette liste de discussion. Et c'est avec plaisir que je vais le retrouver lors de cette nouvelle édition.
J'ai fait sa connaissance lors de l'édition 2000, alors que nous logions au YMCA, au bord de Central Park.
Mes souvenirs de cette édition 2000 ne sont pas ceux d'un coureur mais d'un spectateur bien malgré lui... Une grosse entorse, contractée 9 jours avant le jour J, ne m'a pas permis d'y participer. Je ne vous dis pas la déception !!!
Par contre, en tant que spectateur, j'ai assisté à des choses extraordinaires.
J'ai pu voir un aspect du Marathon qu'on ne voit pas en tant que coureur. C'était grand !
En fait, j'ai fait la navette entre le Queensborrow Bridge, dont parlait Gérard, et les derniers hectomètres à Central Park.
J'ai tout d'abord vu apparaître, à la sortie du Queensborrow, l'Élite. J'étais posté là, sous le pont, au 5ème rang des spectateurs, dans une ambiance de folie. Les hélicoptères tournaient au dessus de nos têtes, annonçant l'arrivée imminente des leaders. Petit à petit, l'excitation nous a tous envahis, certains jouaient de la musique, d'autres chantaient... Et lorsque les 3 hommes de tête sont apparus, il y avait le feu !!! Quel bruit, quelle ambiance... Et cela n'a jamais cessé. Chaque spectateur cherche les coureurs de son pays pour les encourager, sans pour autant les connaître.
Cet endroit est vraiment magique. C'est le début de la 1ère Avenue, que l'on voit s'éloigner au loin. Et des deux côtés, il y a 5 ou 6 rangées de spectateurs qui applaudissent, qui hurlent, qui chantent... Que c'est beau !
Ensuite, je suis allé au bord de Central Park, un peu avant l'arrivée. J'ai de nouveau vu passer les premiers, dans une ambiance un peu moins "folle" puisque la course était jouée. Mais, quel que soit l'endroit, il y a toujours des gens pour vous encourager.
Je suis retourné au Queensborrow Bridge. J'ai alors vu passer les coureurs qui étaient sur les bases de 3H15 - 3H30. Toujours la même folie du côté des spectateurs;et des coureurs qui se permettent de s'arrêter pour voir les amis, embrasser femmes et enfants venus les encourager... Tous les coureurs ont le sourire, ils vivent à cet endroit un grand moment. On sent que le chrono n'est pas, pour la majorité, une obsession mais bien l'envie d'en profiter à chaque pas. Chacun est venu pour profiter de cette ambiance, en prendre plein les yeux et les oreilles...
Je suis resté là un très long moment, tellement c'était beau. Puis, je suis retourné à Central Park, pour voir terminer les coureurs au delà de 4h30 de course. Malgré la souffrance pour certains, ils étaient tous HEUREUX d'en terminer........déjà ! Même Gérard est passé devant moi avec un large sourire...
Je n'oublierais pas cette journée et tout ce que j'ai pu voir au bord du parcours.
Et croyez-moi, j'ai hâte d'y retourner, pour enfin le courir, ce Marathon de New York !
Et pour profiter de l'ambiance à la sortie du Queensborrow Bridge...


Gérard ATLAN - gerard.atlan@wanadoo.fr - 05.11.2002
[HAVAS - NEW-YORK] le retour...
Salut à tous
De retour d'un marathon de NY égal à lui même cad toujours aussi fabuleux malgré le froid.
Que vous dire de plus que je n'aie écrit dans "Follow the Blue line". Rien... tout a été parfait, les petits bleus de NY ont vu que bien que passionné, je n'ai pas raconté d'histoire et que ce marathon mérite bien son surnom de MAGIC MARATHON.
Pour moi, ce marathon a été très particulier et très fort en émotion, car j'ai eu la chance de courir avec ma fille et c'est une expérience que je souhaite à tout parent marathonien. Nous avons ensemble traversé toutes les rues de New-York, serré un grand nombre de mains, passé deux pellicules photos pour graver à jamais tous ces instants inoubliables. Et la photo que j'attends avec impatience, celle où nous avons franchi ensemble, la main dans la main, la ligne d'arrivée, dans la nuit de Central Park restera pour moi comme le plus beau souvenir de marathonien.
Je voudrais dire un grand merci à tous ces spectateurs anomymes qui dans la nuit étaient toujours là malgré le froid pour nous encourager, nous remonter le moral et nous aider à nous surpasser pour atteindre la ligne d'arrivée, à cette femme qui nous a passé la médaille autour du cou avec son traditionnel "Congratulation".
N'hésitez pas à nous envoyer vos impressions et vos photos afin d'alimenter la photothèque et la rubrique "ils vous racontent leur marathon" afin de faire rêver les "petits bleus" de 2003
A tous bravo.

Sophie Atlan - sophie.atlan@wanadoo.fr - 06.11.2002
[HAVAS - NEW-YORK] mon histoire

hello à tous !!! malgre mes douleurs aux pieds et ma démarche en canard , je n'arrive pas à m'empêcher de sourire et à redescendre de mon nuage ...... ON l'A FAIT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! nous sommes des MARATHONIENS !!!!!!!!!!!!!!!! cette journée sera gravée dans ma tête : du petit déjà super stressant , puis le mal au ventre du départ , la sensation, au coup de canon qu'on est fichu , les coureurs qui te portent , qui te font démarrer , accélérer , et ça y est la foule qui hurle, qui chante, qui applaudit et nous sourit...! et les miles qui défilent, au début sans s'en rendre compte, puis de plus en plus long, au point que sur les derniers miles j'ai cru qu'on avait volé un panneau !!!!!
pour moi , le plus dur c'était les 13 premiers miles car on n'a même pas fait la moitie et on est déjà épuisé, aux ravitaillements, étant dans les derniers, il n'y avait plus de gatorade et on a l'impression qu'un marathon est infaisable et on arrive dans le quartier juif orthodoxes où il n'y a aucun encouragement, et là c'est très très dur, les douleurs commencent, mon père m'encourage et c'est ici que j'ai commence à courir grâce à ma volonté uniquement , mon corps étant (déjà !!!) épuisé.
et on passe ce quartier, la clameur reprend, de nouveau le sourire aux lèvres, je ne sens plus mes douleurs et toc le 30 ème, d'un coup ! et le liquide énergisant oh je l'ai trouve délicieux , même le goût chimique m'a plu !!! et c'est reparti, mon père continue de me parler de tout de rien, pour que j'oublie ma fatigue et seul reste le but à atteindre : finir ce marathon ! les heures défilent , je me demande comment je fais pour tenir mais pas une fois je me plains à mon père, car si je commence, j'arrête, donc pas question de marcher, on continue, on court, on a froid, la nuit tombe, les spectateurs s'en vont, mais c'est pas grave on continue, et si finalement c'était possible que j'y arrive ?????!!!!!!!! et c'est l'entrée dans central park et la plus haute et longue montée que je n'ais jamais vue !! je n'en peux plus, mes pas deviennent mécaniques j'entends la voix de mon père qui m'encourage sans s'arreter, je n'ai plus la force de lui répondre, mes douleurs arrivent d'un coup à leurs paroxysme, comme si on frappait mes pieds violemment à chaque pas, ça y est on en sort, MAIS OU ELLE EST L ARRIVEE ?????????? et on reprend dans central park et les spectateurs sont là, l' émotion bloque ma gorge, je n'arrive plus à respirer, les larmes m'aveuglent, je continue, même si je dois finir sur une civière je finirais ! et accélère, mes poumons brûlent il y a partout des signaux d'alerte dans ma tête, mais je continue, mon père me prend par la main et c'est ainsi, cote à cote , comme pendant toute la course , que nous franchissons l'arrivee !!!!
j 'ai terminé mon marathon en 6 heures 25 minutes sans marcher sauf sur le queensborrow et j'en suis très fière et plus que très heureuse!!!
merci papa !

Bernard Helaudais - bernard.helaudais@cgey.com - 06.11.2002
Re: [HAVAS - NEW-YORK] mon histoire

Bonjour à tous,
Bravo au papa et à sa fille c'est un bel exploit que vous avez fait là.
Je tenais à remercier l'équipe havas, pour son organisation parfaite, je garderai longtemps le souvenir de mon premier marathon et du choc lors de l'impact avec le fameux mur dont tu nous as tant parlé.
Je suis à la recherche de photos, si quelqu'un a par le plus grand des hasard photographié le français portant le dossard 283, c'est moi.
Jacques VIALA" - jviala@wanadoo.fr - 07.11.2002
[HAVAS - NEW-YORK] Mon Marathon (jviala)
Bonjour Gérard, Bonjour à tous,
Quelle journée ce dimanche 3 novembre ! Couché samedi à 21h00 et éveillé dès 3h00 du matin, j'ai lu jusqu'à 5h00 du matin, toilette et habillage sans me presser jusqu'à 5h55. j'avais 6 couches de vêtements (je suis frileux). J'ai mangé rapidement un Danish de chez Macy's. je n'ai pas osé boire pour ne pas me charger la vessie. Et je suis parti prendre le bus. Déjà, sur la 42° rue j'ai pu juger de l'organisation incroyable du Marathon de NY. Une file d'attente qui devait faire vers 6h15, près de 1 km de long et qui a pratiquement doublé le temps que j'arrive à 5 minutes de l'embarquement. Je suis monté dans le bus à 7h00. Très bonne ambiance dans ce bus et décontractée. Je me suis même surpris à bavarder avec des américains et à laisanter.
Arrivé à 8h00 sur le site je me suis dirigé vers la zone bleue et j'ai attendu jusqu'à 9h00. J'ai enlevé 2 épaisseurs et le bas de survêtement et j'ai donné mon sac au camion N°71 (ce numéro je m'en souviendrai longtemps). Je me suis enveloppé dans un sac poubelle et j'ai attendu au soleil frai jusqu'à 10h25. j'ai vu comme un rassemblement très dense se faire. Je l'ai rejoins et j'ai constaté que les boxes par dossards n'existaient pas dans la pratique. OK, j'attends. Un speaker nous dit que l'on va se diriger vers l'aire de départ dans quelques longues minutes et de ne pas uriner sur le coté contre le grillage. Ah oui, allons-y, il faut en profiter. Je fais donc comme les autres, je me soulage.
Puis lentement on se dirige vers l'aire de départ. C'est immense large. Il faut que je me débarrasse: du sac poubelle, du foulard, d'un Tshirt et d'un sweet shirt. Je garde le beau sweet shirt de "Marathon France" pour la traversée du pont. On a froid. Heureusement la cérémonie est courte et miracle on annonce que le départ aura lieu dans 45 secondes; il est à peine
11h06 et quelques secondes. Super. Enfin le coup de canon (un vrai) et la musique du film (ou comédie musicale) New York New-York, qui chante dans les haut-parleurs. L'EMOTION, départ au petit pas, attention aux vêtements divers sur le sol et on arrive sur le pont. Incroyable, les belles descriptions de Gérard étaient lyriques, exagérées me disais-je quand je les
lisais. Il veut donner envie. Mais non, il n'exagérait pas, c'est la vérité et même en dessous de la vérité. Il faut le vivre pour se rendre compte de ce que c'est.
C'est lent, nous sommes nombreux. Je me suis fixé comme but de faire 4h00-4h15 à ce marathon. Je sais que ce n'était raisonnable pour un premier, mais je voulais me faire une référence. Ce qui donne 9' au mile. Au milieu du pont le premier mile est en 9'35 pour moi. La descente commence, on sort du pont, premiers virages de sortie et le 2° mile est bouclé en 8'30, je suis dans mes temps. Enfin Brooklyn et les premiers spectateurs et le rêve continue. Je commence à être bien je suis sur une cadence qui me semble raisonnable, j'ai enfin chaud et j'enlève le beau sweet shirt de "Marathon France" et je le donne à un enfant qui encourage les coureurs. J'espère qu'il l'aura gardé.
Cette 4° avenue de Brooklyn est vraiment très longue, mais j'en garde un bon souvenir, tiens les coureurs du départ vert viennent de nous rejoindre et la chaussée est vraiment pleine. Premier ravitaillement, je bois, il faut boire à chacun des ravitaillements car je n'ai pris aucun liquide depuis hier soir. Deuxième ravitaillement, je prends un verre de Gatorade, beueurg ce n'est pas bon, mais c'est bon pour le corps paraît-il : sels minéraux, sucres, énergie, etc etc. j'ai entendu le discours lors du retrait du dossard. J'en bois la moitié, l'autre part sur mon débardeur, mes jambes et le short. Au moins tout est sucré maintenant. Et je continue sur mon petit nuage, les miles sont franchis en 8' environ et je prends de l'avance sur
mon timing. Je n'ai pas l'impression d'aller trop vite. Je prends une belle leçon d'architecture économico-sociale. Je me régale et les spectateurs sont vraiment sympa et participent.
Arrive les Pulaski bridge, on est au semi-marathon. Je suis à 1h43', j'ai 14 minutes d'avance sur mon timing, je suis heureux. Tiens la montée se fait sentir ainsi qu'un peu de fatigue mais ça va. J'en profite pour arroser le bord du pont. C'est la dernière occasion avant Manhattan. Changement d'architecture et de société dans les Queens. C'est un peu froid, limite indifférent mais certains endroits sont bien remplis et les encouragements reprennent.
Enfin le Queensboro Bridge, il est long monte beaucoup aussi. C'est calme et la traversée est longue. Quelques coureurs marchent. C'est beau, je vois les immeubles de Manhattan qui s'approchent, le 16° mile est franchi, la descente commence et le public est là. Fantastique, délirant, hurlant, encourageant tous les coureurs et pas seulement leurs amis ou parents. Puis la première avenue. Tous les coureurs sont des vedettes, tous ces cris sont impressionnants. Un mal aux jambes que
je commençais à sentir s'efface et je continue au milieu de ces deux rangées sur 4 ou 5 rangs de spectateurs qui participent ou qui font le spectacle. Le 18° mile est le seul endroit où l'on a un ravitaillement semi-solide avec le sucre en gel. Je prends sans trop savoir ce que c'est au début et j'avale le sucre: l'histoire me dira quelques miles plus loin que j'aurais dû en prendre 4 ou 5 d'un coup. Je me chronomètre entre le 18° et le 19 ° mile et je suis à 9'10 au mile. C'est bon. Je maintiens mais c'est dur. Moins de monde déjà et enfin Harlem. Une autre architecture, une autre ambiance.
Le Willis avenue bridge s'annonce avec une montée que je trouve forte et le treillis métallique est rude malgré la moquette. Passage du 20° mile en 2h42. c'est bon, je me dis que mon objectif risque d'être atteint au-delà de tout espoir optimiste.
Je ressens quelques douleur et la fatigue dans les jambes commence à se faire insistante. Heureusement le Bronx est plat et le Madison avenue Bridge se franchit "à plat". Je n'aurais pas apprécié une montée. La 5° avenue et le 21° mile : encore 5 miles. C'est dur. Nous sommes dans Harlem, un chour de Gospel, super, puis un orchestre de percussions, resuper, je pense moins à la fatigue et la douleur. 35° km, encore 12 km et il faut contourner le Marcus Memorial Park qui est très beau, mais je ne suis pas en état d'apprécier les maisons typiquement New-yorkaises. Et enfin de nouveau la 5° avenue avec le 22° mile. Je prends un grand verre de Gatorade je ralentis presque à marcher pour boire le verre complet. Tiens, je commence à la trouver bonne ! Et puis la 5° avenue monte, monte. Je n'en vois plus la fin. Je me dis "ne pose pas le pied" (ne marche pas) au moins 100 fois de suite. Que c'est long un mile ! Enfin un peu de descente. Toujours pas le panneau
du 23° mile. Ils ont du l'oublier me dis-je. Je vais voir le panneau du 24° en entrant dans Central Park. Non, ils ne l'ont pas oublié. Entrée dans Central Park et le panneau du 23° mile, un calcul rapide 26.2-23 = 3.2 miles soit 5 km environ, c'est long
long. Le public en encore plus nombreux et bruyant. Un leitmotiv me trotte dans la tête : "ne pose pas le pied, ne pose pas le pied". Je pose le pied, je n'en peux plus. Je marche en titubant, les yeux fermés, la tête tourne. J'ai l'impression d'être saoul, ivre mort. J'entends en bruit de fond "go France, go", "don't give up". Je rouvre les yeux je repars. Le 24° mile enfin, et le parcours monte monte. Un cauchemar, je m'arrête de nouveau quelques secondes ou minutes, cette fois je fais semblant de m'étirer contre un arbre. Je récupère un peu. Le panneau du 40° km m'indique que je suis à 3h30, j'ai envie d'arrêter et de continuer à pied. Je m'arrête et je m'assieds sur une rambarde. La tête tourne, j'ai envie de m'allonger sur le sol et de dormir. Les gens autour de moi me parlent gentiment et m'encouragent à repartir. Je repars enfin, voici le 25° mile je déguste cet
excellent breuvage qu'est le Gatorade, je bois un verre plein en marchant lentement. C'était vraiment très bon. J'en reprendrais bien volontiers. Je continue, j'aperçois les immeubles de la 59° rue, ils s'approchent très lentement. Me voici sur la 59° rue, je n'en peux plus. Je marche les yeux fermés en titubant. Les cris du public me sont désormais indifférents. Je
continue comme un zombi. Puis une coureuse se met à mon niveau, me pousse gentiment et me dit "go, go", je repars avec elle. On fait quelques pas et quand mon rythme est suffisant elle continue sa course et moi la mienne. Merci à cette dame.
Je rentre dans Central Park, enfin le 26° mile. Calcul 0.2 mile multiplié par 1.609 égale, je ne sais plus : 3 chaussettes et deux courgettes. Virages, montée, cris. Un panneau annonce 300 yards. Qu'est ce que le yard par rapport au mètre, c'est plus long. Oui puisque les 200 yards restant font au moins 1 km. Ensuite les yards sont encore plus longs, 100 yards
restant. Finalement je vois les tribunes pleines de monde, criant, hurlant, encourageant, le portique avec les projecteurs et les chronos, je lève ou je tente de lever les bras pour "la photo". Ai-je posé le pied sur le tapis de contrôle ? Peu importe (oui, car finalement j'ai fait 3h45). Je m'effondre dans les bras de 2 personnes qui ont deviné ce qui allait m'arriver. Après
quelques secondes, ils me demandent si je veux une assistance médicale. "Non merci, I am OK". Et je continue pour aller prendre LA MEDAILLE dont je rêve depuis des mois et des mois. Puis la couverture métallique, un scotch pour la tenir, un verre de cette excellente Gatorade, et la montée très longue en titubant et boitant vers le camion N° 71 à hauteur de la 86° rue, soit une vingtaine de blocs par rapport à l'arrivée. Je n'ai besoin que de 45 minutes pour récupérer mon sac. Après habillage, je mange deux bananes et un morceau de pain. Je me sens mieux et je parviens à marcher quasi normalement et
HEUREUX.
Dimanche soir repas normal et enfin une bière dont je rêvais depuis le début de la semaine et au lit à 20h00.
Lundi matin à 4h00 du matin je lis de nouveau et à 6h00 je sors pour aller déjeuner au coin de 6° avenue et Broadway. Je mes sens bien et heureux d'avoir pu faire cette belle course. A quand un prochain marathon ? Je me laisse 48 h pour répondre. Je dois d'abord comprendre pourquoi j'ai faibli sur la dernière partie. Serait-ce le MUR ? Je l'ai franchi en tout cas.
Nous sommes à plus de 48 heures après, la réponse st oui, je recommencerai au printemps prochain.
Coté organisation, Havas a été à la hauteur dans l'ensemble Merci à Gérard pour avoir préparé les internautes marathoniens et futurs marathoniens à ce Magic Marathon. J'espère te rencontrer un petit peu plus que quelques secondes à un prochain marathon.
Salut à tous et merci à tous ceux avec qui j'ai longuement bavardé et obtenu des conseils qui m'éclairent, à présent, pour de futurs exploits.

Philippe Garcia - le.pignon.voyageur@wanadoo.fr
[HAVAS - NEW YORK] Merci

On a beau avoir lu tous les "Follow the Bleu Line", avoir entendu parler les "anciens" et donc s'attendre à cet accueil fabuleux de la part des New-Yorkais, on se prend quand même à avoir de temps en temps la gorge serrée et la larme à l'oeil. Comment peut-on penser au chrono quand on voudrait que cela dure le plus longtemps possible ?Merci à toute l'équipe d'Havas pour cette organisation sans faille. 
Pascal Jacquin - pascal.jacquin@valeo.com - 08.11.2001
Subject: Réf. : [HAVAS - NEW-YORK] Le retour......

Salut Gérard, salut à tous
Tout d'abord un message perso pour Gérard que nous avons rencontré samedi soir au YMCA.
Encore merci pour ton "Follow the blue line" ainsi que pour tout tes conseils qui nous ont été très utiles. Tu as fais un très bon boulot, et comme me disait un membre notre équipe, tu nous as été d'une très grande aide dans notre préparation psy.

Merci ensuite à Havas Voyage, à François Leobon et toute son équipe pour la logistique et l'organisation.

Passons maintenant aux impressions :

Le marathon :
Pour toute l'équipe, il restera un souvenir très fort, très émouvant. Tous les adjectifs du dictionnaire ne sont pas assez fort, pas assez nombreux pour décrire les sentiments ressentis lors de cette course. C'est pour ma part la première fois que j'ai pleuré en courant. L'ambiance créée par le public américains était fabuleuse. Aux "congratulation" et les "allay la France" dont avait parlé Gérard, il fallait ajouter cette année les "Thank you for coming".
Les kilomètres ont défilé comme jamais et plusieurs d'entre nous ont battu leur record, d'autres pris dans l'euphorie de la course se sont brulé les ailes, mais tous ont franchis la ligne heureux.
Après les évènements du 11 septembre, nombreux new-yorkais rencontés avant, pendant et après la course, dans le métro, dans la rue, au restaurant, ... nous ont en effet remercié de notre présence à leur coté, dans leur ville, et sur leur marathon.

L'hotel :
Nous avions choisi l'hotel dans le New Jersey. très classe, très calme, mais un peu décentrer. Le point noir : les bus. Plus rien après 23:00 ou 23:30 selon les jours. Difficile donc de rester tard au restau ou autre spectacle. Si nous avons très bien dormi, au calme, nous avons passé beaucoup de temp dans les transports en commun.

La pasta party :
Seul deux d'entre nous ont eu la patience d'attendre et ont pu rentrer. Les autres n'ont pas souhaité attendre près de deux heures debout, surtout la veille de la course.

La course des nations :
A faire absolument et ne pas oublier l'échange des tenues à l'arrivée (le sweat Havas a eu un très grand succès auprès des autres coureurs). C'est un exercice très important également dans la préparation car il nous a permi de décrasser après les très nombreux kilomètres fait à pied dans Mahnattan
les deux jours précédents.

L'expo :
C'est le point négatif de ce séjour. Comme nous l'a expliqué Gérard, elle était bien moins importante que les autres années (trois fois moins grande), donc peu de chose à voir. Mais le comble était le lundi matin. Plus aucun exposant, à part le stand pour les T-shirt finisher (hors de prix) et celui des videos.

On pourrait encore en parler longtemps (aussi longtemp que Gérard) mais il nous faut maintenant préparer l'avenir et les courses suivantes. En résumé,
un seul qualificatif pour ce marathon : GREAT.


DURAND Stephane CLERMONTFE - stephane.durand@francetelecom.com - 08.11.2001

Voilà déjà 2 jours que je suis rentré ; j'ai encore les yeux tout embrumés !
Que d'émotion, que de plaisir tant pour l'accueil chaleureux des New-Yorkais que par la beauté de cette ville ! Plusieurs personnes m'avaient dit que c'était le plus merveilleux marathon au monde ; c'est plus que ça ! C'est Grandiose !!! Une organisation irréprochable, un public fabuleux, c'est 40 km de plaisir et 2 km 195 d'extase !
Les américains disent "we'll never forget !" ; moi non plus, je n'oublierai jamais !!!


Mohamed. berchi - m.berchi@infonie.fr - 08.11.2001
[HAVAS - NEW YORK] mes impressions

Bonjour Gerard, bonjour tout le monde ,
J'ai vecu quelque chose de très fort ces derniers jours , voici mes impressions à chaud .
Je crois que nous avons tous vecu un marathon inoubliable tant avant, pendant, après. Tout ce que peut resentir un homme nous l'avons vecu l'angoisse , la peur , l'emotion , la joie , le bonheur .

L'angoisse : quand nous étions dans l'avion au dessus de l'atlantique et que l'on se dit cela n'arrive qu 'à la télé et surtout pas à nous . Mais l'impatience de voir New-York par le hublot avait vite pris le dessus .

La peur: On pouvait voir à la télé aux informations du matin que les américains craignaient une attaque des ponts et comme l'information rebouclait sans cesse ! ! ! ! . Cela n'etait pas fait pour nous rassurer . Au moment du depart , on a pu voir des helicoptères ( en plus des télés) survolés le pont avec des tireurs d'élites perchés au sommet du pont de verrazano .Là, on pense à sa famille qui est très loin et qui a la même information

L'emotion : Au moment du depart pendant l'hymne national , un silence rempli d'emotion et de receuillement . J'ai pu voir dans les yeux de mes camarades
(pascal, michel, bebel , et tous les autres que je ne connaissais pas) des larmes perlées , pendant quelques instants on evitait de croiser nos regards comme pour garder cet instant pour soi . Moi, j'avais prevu le coup dernières mes lunettes fumées .
L'emotion aussi quand nous sommes allés remettre au quartier general des pompiers de New-york des messages de sympathie et de soutien de la part des
pompiers de rhone- alpes et de la part des salariés du groupe Valeo vu les mesures de securité draconiennes que nous avons du franchir , nous somme
encore plus fières de l'avoir fait

La joie : Dès le depart , on se dit ça y est ,on y est . le Marathon que l'on a preparer depuis un an et demi avec toute la section course à pied . Ce marathon je ne pouvais pas le faire sans faire un geste fort envers la population new-yorkaise . Je me suis arreté après le pont de Verrazano et demandé à une charmante dame de me donner son drapeau Américain et c'est comme cela que j'ai fait toute la course avec ce drapeau en le brandissant le plus haut que mes bras le pouvaient .Ce geste je ne l'avais pas premiditer, même pas imaginé . Mais je peux vous dire que j'ai été largement remercié avec des encouragements qui vous prennent aux tripes et qui vous font faire un marathon sur un nuage .

Le bonheur : Jamais je n'ai ressenti cela sur quelque course que se soit . La traversée de la 1st avenue dans manhattan , avec un public incroyable , emorme de part et d'autre de l'avenue , on ne peut pas y croire , c'est pas vrai , tout ça pour nous , pour nous remercier d'etre venu , non c'est trop , cardiaque s'abstenir .Est ce que c'est le drapeau que je brandis fièrement ou l'emotion qu'y est trop forte ou ce public fabuleux , je pleure (derrière mes lunettes mais personne le voit ).
Et l'arrivée , féerique , incroyable ( donner moi d'autres adjectifs , je n'en ai pas qui soient assez forts) tout new-york c'est donné rendez-vous à central park .Sur les derniers mètres qui me restent à faire je brandis le drapeau avec mes deux mains au dessus de ma tête . Je suis épuisé, vidé , j'ai eu des crampes, je me suis arréte à plusieurs reprises , jamais je n'ai eu une fatigue pareille même lors de mon premier marathon mais cela n'est rien ne rapport avec ce que je viens de vivre .

Et je ne vous parle pas d'alloween , la visite de new-York etc , etc, etc ..

Je tiens à remercier tous mes collègues avec qui j'ai couru ce marathon et qui mon apporté beaucoup de bonheur : Pascal, Regis, Jaime, Olivier , José , Bébel, les deux Pilippe, sans oublier la courageuse catherine ( premier marathon ) et notre petit ange , la délicieuse Patricia.
pour finir, J'ai eu une pensée très forte pendant ce marathon pour ceux qui sont morts , mais ma pensée va aussi vers ceux qui souffrent et qui paient cher le prix de la paix et de la democratie .
Je peux vous dire pour ceux qui ne lisent pas encore entre les lignes que : Je suis fière d'être français ! ! !
Merci à Gerard Atlan


Claude Heitzer - heitzlercetf@evc.net - 08.11.2001
[HAVAS - NEW YORK] Le retour

Salut Gérard,
Après avoir rêvé New York pendant des mois nous venons de passer mon épouse et moi une semaine merveilleuse à New York. . Pendant tous ces mois les messages et les conseils de Gérard nous ont permis de nous imprégner d'avance de la ville et du marathon. La réalité a été aussi belle que ce que nous en avions rêvé. Pour moi la course du Marathon restera un souvenir inoubliable : beau temps, organisation parfaite,forte émotion avant le départ, foule énorme qui vous encourage tout le long du parcours. Ce marathon est effectivement le plus beau que j'ai couru jusqu'à maintenant, il est à conseiller à tout coureur . Je tiens aussi à relever le courage de toute la population de New York qui malgré tous les problèmes qu'elle a actuellement est d'une grande gentillesse et continue à vouloir vivre normalement.
Les excursions et visites conseillées par Gérard sont vraiment à faire, principalement la promenade en bateau du samedi après midi qui nous a permis de nous détendre avant la grande course en passant devant des vues superbes. Malheureusement nous n'avons pas eu la joie de rencontrer Gérard lors de cette ballade pour le féliciter de vive voix pour la mise en place de ce groupe de discussion. La messe du dimanche matin que mon épouse a suivi dans une petite église à Harlem était elle aussi un grand moment du voyage. Le dernier jour nous avons terminé nos visites par l'Empire State Building d'où nous avons encore une fois pu voir tout New York.
Nous félicitons aussi les accompagnatrices d'Havas qui elles aussi ont toujours été disponibles pendant tout le séjour.
Encore un grand merci à Gérard et nous souhaitons aux futurs coureurs qui participerons au Marathon 2002 autant de plaisir et de bonheur que nous avons reçus en 2001.
Claude et Félice


Laurence INIGUEZ - laurence.iniguez@valode-et-pistre.com - 09.11.2001

Un seul mot : SUPER !

L’organisation Havas avec des gens tout sourire : super

L’hôtel : super sauf le petit déjeuner le jour du marathon (pas de céréales, pas de pâtes)

La ville de New York (je suis architecte) : Un régal. Nous y avons fait à pied, à métro, en taxi le plein de souvenirs pour alimenter beaucoup de rêveries à venir. Les américains sont très ouverts et avenants. Ils font de plus de réels efforts pour comprendre notre anglais de temps en temps approximatif !

Le marathon (l’ultra marathon devrait-on dire) car cela commence à 5h00 par le petit déjener et cela finit vers 17h30 dans la douche, après être rentrés à pied de central park.
Cela commence avec la boule au creux du ventre lorsque l’on va chercher le bus devant la « public library » et que nous sommes accueillis par le sourire des volontaires. Il y a ensuite l’arrivée dans la zone de départ où il faut un temps pour se trouver les bus UPS de la bonne couleur. La queue devant les sanitaires un grand nombre de fois , ça occupe et ça fait tomber le stress.
Placement enfin dans nos « corrals » après un bisou au mari que je retrouverai à l’arrivée. Longue attente et enfin départ pour la ligne de départ en chantant et en se tenant par les bras. Une larme essuyée l’air de rien après les chants de l’hymne américain et de God bless America (nous sommes nombreux à avoir l’œil brillant).
Et enfin le DEPART. Je suis partie comme un lapin tant l’ambiance était électrique (angoisse due aux dernières informations passées en boucle concernant les menaces d’attentats et pensée aux enfants qui sont alors très loin mais aussi à l’euphorie d’avant course).
Puis les premiers spectateurs, les premiers groupes de musique « sauvage » dans les escaliers des façades, sur les trottoirs. Les spectateurs sont de tous les âges mais toujours aussi enthousiastes, quelle clameur lorsque l’on est encore sur les ponts et quelle folie lorsque l’on est dans Central park !
Ce marathon , c’est mon plus mauvais temps (4h06h09), mais c’est mon plus beau souvenir. J’ai pris le temps de faire des photos, de serrer des mains, de danser sur la rue, bref de vivre ce marathon.
J’ai payé mon départ sur les chapeaux de roues car j’ai dû marcher aux 18è, au 20è, au 22è miles. Ensuite j’ai littéralement été portée par la foule dans central park. J’avais sur les conseils de G. Atlan mis mon prénom sur mon maillot, c’était génial, je n’ai pas compté le nombre de « go Lolo » entendus. A chaque je répondais par un sourire ou un signe de main (Ce qui m’a valu aussi des courbatures dans les bras). J’ai très bien entendu les « oh, Lolo you can’t stop » quand j’étais dans le potage. Cela m’a vraiment aidé .
Passage de la ligne d’arrivée après la dernière petite côte et là encore des volontaires souriants pour nous retirer la puce, nous donner la médaille ou nous donner la couverture dépliée puis nous l’accrocher.
Et enfin retrouvaille avec Jean-Luc mon mari qui en avait fini lui aussi et qui m’attendait dans la zone « famille » et rentrée tranquille à pied en ayant pris le temps d’encourager nous aussi ceux qui arrivaient à ce moment là dans le bas de central park.
Un seul regret, ne pas avoir participé à la course le samedi matin pour cause de dodo tardif et réparateur.
Un seul reproche à l’organisation du marathon : une exposition très décevante.


Gérard ATLAN - gerard.atlan@wanadoo.fr - 10.11.2001
[HAVAS NEW YORK] mon NY à moi

D'abord bravo à tous pour vos commentaires sur ce marathon.

Que dire de plus que je n'ai pas dit dans "follow the blue line" ou que vous n'ayez raconté...

L'EMOTION TRES FORTE
D'abord lors de la course de l'ONU où pour la première fois j'étais porte drapeau et j'ai essayé de faire la course en tête sans décrocher : c'est difficile, les gens courent comme des dingues et vus bousculent pour passer devant les drapeaux (on a dû courir à 15 km/heure). J'ai personnellement tenu jusqu'à mi-course après j'ai explosé... Promis, l'an prochain je la ferai jusqu'au bout.
Au départ du marathon : personne je pense n'a pu être insensible ni s'empêcher de verser une larme à L'hymne nationale américaine et au "God bless America" chantés par un pompier et un policier surtout dans le contexte de sécurité sur la zone de départ

DES REGRETS
Toujours lors de la course de l'ONU, les mesures de sécurité draconiennes ont un peu gâché la fête : attention, je ne remet absolument pas en cause celles-ci, mais voir toutes les rues accédant à l'ONU bloquées par des camions remplis de sable, la première avenue déserte, interdite aux coureurs (on ne pouvait passer que sur les trottoirs) et surtout la tension des policiers qui, contrairement aux années précédentes, ne nous laissaient pas faire des photos dans leur voiture, sur leurs motos etc... Mais cela se comprend très bien

LA PEUR (Et je n'ai pas honte de le dire...)
C'est vrai que j'ai remarqué toutes les différences sur la zone de départ par rapport aux années précédentes (les tireurs d'élite sur les toits, en haut des nacelles des pompiers, au sommet des piles du pont, l'absence des hélicos et des avions publicitaires, la présence constante et finalement peu rassurante des hélicos de la police (j'ai surtout été impressionné par un hélico de la police en vol stationnaire juste à côté du pont pendant qu'on traversait), la présence de bateaux de guerre de part et d'autre du pont....
Tout cela a fait que lorsque je me suis positionné sur la zone de départ, j'ai eu très peur, je me suis demandé ce que je faisais là, j'ai pensé que j'étais complètement dingue et il a fallu que je me fasse violence pour prendre le départ.
Ensuite, comme je pense tout le monde, la traversée du pont était longue, très longue... Il me tardait d'en finir avec ce pont, et puis la terre ferme, l'entrée dans Brooklyn et à ce moment, tout le stress, toute la peur se sont envolés en un dixième de seconde, Ils étaient tous là, fidèles au rendez-vous, hurlant et vociférant comme les années précédentes et même plus que d'habitude, mon New-York à moi m'était rendu, j'ai pu grimpé sur mon nuage pour n'en redescendre qu'à l'arrivée. Et croyez moi, j'en ai profité... Vu que, compte tenu de mes petits problèmes de santé, je n'avais aucune contrainte de temps, J'AI PRIS LE TEMPS, j'ai ouvert mes yeux, j'ai ouvert mes oreilles, j'ai serré des milliers de mains, je me suis arrêté dans toutes les casernes de pompiers pour faire des photos (2 pellicules sont passées en 42 km)...

Et les km tombaient, et la joie montait : Brooklyn, la montée de Lafayette street à la fin de la 4ème av. de Brooklyn, étroite où tout le monde coureurs et spectateurs chantaient et dansaient, le passage du semi avec un petit serrement au coeur car en tournant la tête ver la gauche les twin's manquaient beaucoup, le Queensborrow et cet accueil toujours aussi inoubliable à l'entrée dans Manhattan (impossible de ne pas avoir la gorge serrée) la longue et majestueuse remontée de la première avenue où j'ai retrouvé mes copines accompagnatrices D'havas qui nous attendaient avec le drapeau français en hurlant pour nous encourager (merci Marier Françoise, Claudette et Karine), le Bronx, Harlem, Central Park : 4 heures d'enchantement.....

Il faut maintenant redescendre de son nuage, et comme je suis un petit privilégié, je serai à nouveau présent pour "mon NY à moi" le 3 novembre 2002 sur le Verrazzan


Paul GALLET - Paul.Gallety@wanadoo.fr
[HAVAS - new-york] - Et j'ai pleuré dans Central Park

Et j'ai pleuré dans Central Park en folie

Rendez-vous mythique des amoureux de courses hors stades, accros
du macadam, le marathon de New York vient de réunir officiellement
35 000 participants. Notre collaborateur Michel Seveyrat, de Bourgoin?Jallieu, était de la fête... Il nous confie son trop plein d'émotions et même ses larmes...

" A?lay?la France! A?lay?la France! " Par Lucifer, ma tête est prête à éclater. A tout jamais mon coeur a chaviré.

" Allez la France! Allez la France! " Huit cents fois, mille sans doute et peut?être plus ... je l'ai entendue cette phrase magique qui, tout autant de fois, m'a fait frissonner en me serrant le cœur. Bien sûr, tous les "anciens" m'avaient prévenu: "New York, tu verras ' c'est extraordinaire. L'ambiance est inimaginable. Et puis, sur ton tee?shirt, mets bien un écusson tricolore. Ils adorent les Français" " Oui, j'étais prévenu. Mais, de là à subir un tel déferlement, une telle tempête! Non, je dois cet aveu: je n'ai toujours pas réalisé,

New York... c'est géant, envoûtant, époustouflant. Tout est spectacle même, pardonnez?moi, la misère. Un Franchie dans la City, c'est une fourmi au pays des Titans. En levant les yeux, vous vous demandez si le ciel existe encore tant les buildings s'élèvent, s'élèvent!

New York... il faut y aller au moins une fois dans sa vie. Pour ma part, de toutes mes forces, je ne souhaite pas que le temps efface, ni même n'estompe mes émotions. Ce marathon new yorkais, il m'a, au plus profond de mes chairs, marqué à l'encre indélébile.

Il y eut tout d'abord ce départ sur le pont Verrazano. Monstrueux! Il y avait là 35 000 coureurs officiellement inscrits, piétinant sur place. Le pont, je vous le jure, se mit à vibrer lorsque, au signal, on s'élança... en marchant. Ce départ, ce n'est pas au pistolet qu'il fut donné, mais au canon. Un canon qui, tout aussitôt, fit hurler à la mort les sirènes et les cornes de brume, les douze bateaux qui tournaient en rond, sous le pont et sur les eaux de l'Hudson, tandis que dans les airs plusieurs avions publicitaires et hélicoptères nous abreuvaient d'un bourdonnement d'enfer. Les premiers kilomètres... au milieu d'une marée humaine bigarrée, chamarrée, survoltée, venue des cinq continents et de plus de 90 pays... Ces kilomètres et biens d'autres, je ne les ai pas vus, trop occupé à regarder où je mettais les pieds et à me protéger d'un vent dément. Bousculé, brinquebalé, apostrophé, il m'a semblé, durant une éternité, que je n'étais qu'un fétu de paille dans une tourmente.

Et Brooklyn est arrivé. Tout a changé. Cris, hurlements, you?you sud?américains, sono mise à fond la caisse... tout cela, je l'ai reçu en pleine poitrine. Mon cœur s'est mis à battre la chamade, je n'ai pu m'empêcher de frissonner. Sur ma gauche, au loin ' j'ai aperçu la forêt des pierres tentaculaires des tours de Manhattan. C'est alors, brusquement, les yeux ouverts, que j'ai rêvé au Massif du Tanargue, au fin fond de l'Ardèche méridionale, où mes lointains, très lointains ancêtres vivaient dans le froid et le vent, par 1200 mètres d'altitude, à Loubaresse. Qu'il était loin ce Tanargue bien aimé! A Brooklyn, où l'on parle plus de 110 langues, au milieu des constructions du nouveau monde, je me suis dit combien l'Ardèche est belle.

Mais, très vite, la cohue m'a ramené dans la 4e Avenue, d'autant que plusieurs 'Alay?la?Frawnce!", pas faciles à décoder, venaient de me surprendre. Tout d'un coup, la folle amitié du peuple new yorkais me glaça l'échine. Misérable inconnu, perdu dans un tumulte aussi bruyant que suffoquant, je venais de comprendre que l'on m'encourageait. J'avais eu, il est vrai, la faiblesse de faire coudre deux écussons tricolores et... un "Dauphiné Libéré", sur mon maillot.

Soudain, la foule insensée qui bondait les trottoirs m'hypnotisa. Ses cris me nouèrent l'estomac. Ici et là, des gorges anonymes noyées dans la frénésie ambiante, lançaient également des 1 love France" terriblement pénétrants et émouvants. Pourquoi refuser ces messages d'amour et ne pas profiter d'un bonheur sans pareil ? Mais oui, j'étais en train de vivre un pur délire. A courir de plaisir... Tricoter des gambettes parmi des milliers de folets et folottes, quel privilège ! C'est ainsi, du côté de Greenpoint, que j'ai songé à Philippe Chalande et Rodolphe CécilIon, ces deux bouillants rugbymen du Nord?Isère qu'une fatalité immonde brisa au sortir de deux mêlées. Que j'ai songé au Berjallien, Jeannot Daudé et à ses 2,04 m méchamment pliés sur un stade du Languedoc Roussillon. Que tous trois sachent, qu'à New York, j'ai pensé à eux.

Cela dit, les cris de la foule, se refusèrent à m'accorder le moindre répit. New York City la majestueuse s'imposa, sans tendresse, à mes regards désorientés. New York, qui bouge et qui grouille, renferme tout ce qui est excessif. De fait, elle est l'exemple même des mégalopoles, des agglomérations qui accaparent et écrasent tout ce qui les entoure. Un exemple qui prouve, si besoin était, que les villes sont parties à la conquête des campagnes proches et que nombre de citadins se sont attribués le droit d'imposer leur pensée aux contrées lointaines. Non, les campagnes, les montagnes doivent conserver leurs paysans et leurs moutons.
"A?lay?la?France! Cou?rayge. Alay!" De nouveau l'amour du publie new yorkais me submergea et je ne pus m'empêcher de lancer des merci, merci, merci. Oui, j'avais envie de congratuler la terre entière et même ce vilain coup du sort qui m'infligea une déchirure au mollet droit, le deuxième vendredi d'août, m'empêcha de courir d'orgueil pour me muer en contemplatif.

'Y love France ! Vive la France!" Comment se fait?il que les femmes et les hommes qui, en théorie, dominent la planète aient un tel penchant pour notre gaulois de pays où la gabegie est reine, le souk roi et la rébellion intellectuelle une religion ?

C'est avec ce mystère en tête que j'ai franchi le pont Willis, découvert le Bronx et un nouvel accès de folie. Deux kilomètres plus loin, c'est Harlem, qui se faufila sous mes yeux, véhiculant une infinie tristesse. Oui, j'ai vu les chapelles de Harlem. Mais pas de gospels, seuls deux orchestres étaient au rendez-vous. Le plus beau, le plus géant, il devait surgir quelques kilomètres plus loin avec les premiers mètres dans Central Park. Bêtement, d'un coup, je me mis à lancer des "Oh happy day?ay?ay ! Oh happy day!", totalement éraillé... Ce qu'on est bête quand on transpire de bonheur.

Mais, comment résister à tous ces encouragements, ces cris, ces chants, ces musiques, cette communion irrationnelle entre des milliers de gens qui ne se connaissent pas et qui ne se reverront jamais ? C'est ainsi, tout simplement, que j'y suis allé de quelques larmes d'émotion.

Allez, que Dieu, S'il existe, conserve ce feu d'amour qui couve encore au plus profond de la paume de ma main gauche que je tendais sur le côté en longeant les trottoirs. Cette paume que le plus grand nombre caressa mais que quelques-uns explosèrent.

Jamais plus... non plus, je ne pourrai oublier cette formidable Mama africaine, qui, bien après l'arrivée et parce que je venais de lui serrer les deux mains m'enlaça brusquement, me souleva de terre, et m'embrassa de toutes ses forces. Toi, la Mama, un jour, il faudra que tu l'apprennes: "Je t'Aime!".

Michel SEVEYRAT
Invraisemblable bizarrerie, trois heures après l'arrivée de ce trop exceptionnel marathon, j'ai, dans la 8' Avenue, rencontré Jean?Pierre Presset que j'avais vu partir le 24 juin de La Côte?Saint?André pour un tour du monde à vélo sur 5 ans. Après la Suède, le Cap Nord (le 20 août), l'islande, le Canada, il se trouvait à New York ce 5 novembre


Christian MAIRE - christian.maire@ipsn.fr - 12.11.2001
Marathon de New York 2001

Marathon de New York 2001

Nous nous sommes inscrits au marathon de New York dès le mois de novembre 2000 et pendant un an, nous nous sommes préparés, entraînés, avons rêvé le marathon, avons rêvé New York.
Le 11 septembre 2001 notre marathon est devenu "différent". Notre rêve s'est teinté d'inquiétude. Nous n'avons pas voulu renoncer. Heureusement !

Mercredi 31 octobre 2001
Nous débarquons à New York, il est près de 20h heure locale (2h du matin en France). Dans le car qui nous emmène à l'hôtel on nous lit les consignes de sécurité pour le retrait des dossards puis pour se rendre au départ du marathon. Les sacs personnels sont interdits, nous devrons obligatoirement utiliser des sacs transparents remis par l'organisation, nous subirons des contrôles voire des fouilles. On nous prévient que tout cela prendra du temps et que du coup les départs des bus pour rejoindre le Pont Verazzano auront lieu le dimanche de 5h à 7h au plus tard (le départ du marathon étant à 10h50!). Arrivés à l'hôtel, nous écouvrons le poster officiel du marathon et le slogan officiel "UNITED YOU RUN". Le marathon 2001 est bien différent.

Dimanche 4 Novembre 2001

4h45 : Le réveil sonne pour rien, nous étions déjà réveillés. Une douche rapide, rasage pour Christian, maquillage pour Nicole, on enfile le rutilant sweat bleu blanc rouge Havas pour se rendre au petit déjeuner offert dans l'immense salle à manger du 18 ème étage de l'hôtel.

5h15 : Grand Petit déjeuner ; On fait l'impasse sur les oeufs brouillés, les saucisses et le lard grillé et on se rabat sur les viennoiseries (ne seraient ce pas plutôt des newyorkeseries ?) le pain et la confiture. Café américain à volonté mais on n'abuse pas.

5h45 : retour à la chambre, brossage des dents, derniers préparatifs . On fixe la puce sur les chaussures, on enfile le maillot débardeur Havas au couleurs de la France (et en plus c'est écrit France en gros dessus pour que les spectateurs ne nous ratent pas) la météo prévoit plus de 20°C et du soleil pour ce 4 novembre : ce marathon est vraiment différent. Pantalon, tee-shirt et le sweat (merci Havas). Le dossard est dans le sac transparent, tout à l'heure on a collé dessus le ruban bleu ciel signe de solidarité avec la communauté de New York marqué "UNITED YOU RUN" : Différent on vous dit!

6h15 : on quitte l'hôtel, il fait encore nuit mais la température est déjà douce. Nous sommes sur la 7ème avenue à hauteur de la 34ème rue et les bus partent de la 42ème (sur la 5ème avenue) . On décide de rejoindre tout de suite la 5ème avenue dès fois que les bus partiraient de plus bas que la 42ème.

6h25 : "Bingo" : le premier bus est stationné à hauteur de la 40ème et il y a moins de monde , on est du deuxième départ. En plus on a de la chance, on est contrôlé par le recordman du monde des contrôleurs de sacs qui en moins d'une seconde a inspecté nos sacs et annoncé "that's good' .Essayez seulement de répéter 'that's good' 60 fois à la minute et vous verrez . Recordman du monde on vous dit.

7h00 : Le bus traverse le pont Verrazano d'où on va partir tout à l'heure. Enorme pont de 2 étages et de 2 miles de long (ici on compte en miles : va falloir s'y faire , le marathon c'est 26,22 miles) on l'a tous vu à la télé. Le bus nous dépose à l'entrée de Fort Wadsworth : c'est un ancien terrain militaire qui sert de zone d'attente (là c'est moins différent c'est tous les ans pareil) . On se range en file pour le contrôle d'entrée et 10 minutes après nous sommes dans la zone protégée.

7h 20: le départ est dans 3h30 . On va se chercher un café et un bagel (gentiment offerts); le bagel c'est une espèce de pain rond en forme d'anneau et ça plombe sévère dans l'estomac; vite un deuxième café ! . on se cherche un coin de pelouse pour s'asseoir.

8h00 : Le café agit déjà et je vais tester la plus longue "pissotière" du monde (300 m) :impressionnant, on passe sur les détails.

8h30 : On cherche où sont stationnés les bus vestiaires et comme j'ai tout compris au plan qui était à l'entrée on part à l'opposé : tant mieux la marche ca détend les muscles. Ca nous permet de passer devant la tente où commence la messe; messe spéciale , émotion . Différent on vous dit.

9h00 : On trouve les bus ; on doit déposer nos affaires dans le numéro 38 qui bien entendu est tout au bout de la zone! Pas grave on a le temps! On fait la connaissance d'un français vieil habitué du marathon de New York (c'est son huitième New York, sa fille habite New York c'est plus facile et bien moins cher) qui va nous tenir agréablement compagnie jusqu'au départ. A 10h 15 on connaît toute sa vie : ces deux filles, le gendre qui tient un restaurant français dans New York qui a été inauguré par je ne sais plus quelle célébrité, sa révolution de 1968 sur les barricades à Bordeaux, le couplet révolutionnaire qu'il chantera tout à l'heure en traversant le pont vers le Bronx , la phrase qu'il dira en franchissant le 26ème mile (référence à la reine d'Angleterre à cause de laquelle il y a 0,22 miles de plus) . Merci l'ami pour ces moments bien sympathiques, on espère que vous avez battu votre record du monde comme vous dites!

10h15: On retire le pantalon, le sweat (merci Havas), le tee shirt . On épingle le dossard puis on se colle les deux tatouages " I love New York" sur les bras et sur la cuisse. Je boucle la ceinture banane avec l'appareil photo ; On est prêts. On rejoint notre zone de départ. On se place comme prévu sous la pancarte verte des dossards 20000 à 23000. Photos

10h 35 : On pénètre sur l'aire de départ des dossards verts. Pas de chance, les dossards verts prennent le niveau inférieur du pont alors que les rouges et les bleus passent au dessus. Tant pis pour la vue. Photos tout de même.

10h 45 : Départ dans 5 minutes . L'hymne américain est chanté par un superbe chanteur. On nous avait dit "vous verrez les américains la main sur le coeur reprennent en choeur l'hymne" . Et là silence, juste le chanteur. Les américains ont la main sur le coeur, ils articulent l'hymne mais ne chantent pas, c'est une sorte de minute de silence. Certains ont du mal à avaler leur salive la gorge nouée, d'autres essuient furtivement une larme. Nous ne bougeons plus, plus personne ne bouge ; c'est fort , très fort . Le chanteur finit l'avant dernier couplet en montant très haut la note, ce qui déclenche les premiers cris puis bientôt une salve, un tonnerre, un ouragan d'applaudissements, les américains chantent maintenant s'ils ne pleurent pas. Nous avons mal aux mains d'applaudir ça dissimule l'émotion ; l'hymne est terminé, on fait semblant de se moucher . Très très différent , rien que pour ça on ne regrette pas le voyage. Des centaines de colombes blanches
s'envolent dans le ciel. Le brouhaha reprend. "BOUOUOUMMMM" Le canon vient de donner le départ, surpris on a sursauté; le canon était à peine à 10 mètre derrière nous et on l'avait pas vu.

10h 51min 15 s : nous passons la ligne de départ. On ne pensait pas partir aussi rapidement après le coup de canon. Je n'ai pas encore remis le chrono à zéro, je bricole; le chrono refuse de démarrer je réinitialise , le chrono démarre enfin , faudra que je rajoute 20 secondes. Plus de trente marathons à mon actif, c'est la première fois que je rate le déclenchement du chrono ; vraiment différent ce marathon.

Pont Verrazano : On est au coudes à coudes, foulées dans foulées mais ça ne bouscule pas, personne ne cherche à doubler, on est déjà dans le bon rythme
pour nous (10,5 km/h) . Le premier mile est au milieu du pont, on a un peu plus d'espace pour courir; on aperçoit la pointe sud de Manhattan sur la gauche au loin. Aurait on pu les apercevoir les deux tours jumelles? En bas un bateau lance des jets d'eau "bleu blanc rouge" (ce n'est pas spécialement pour les français c'est aussi les couleurs US). C'est le seul bateau qui ait été autorisé dans la zone proche du pont, tout autours derrière lui il y a un barrage réalisé par une dizaine d'autres gros bateaux apparemment armés. On pense aux menaces sur les ponts suspendus . Arrêt photo du bateau. On repart

Fin du pont - Brooklyn : On a déjà chaud mais on a attendu la fin du pont pour se débarrasser de notre tee shirt ou sweat qu'on avait conservé pour traverser le pont; " il y a du vent sur le pont ; couvrez vous" c'est ce que l'on nous avait dit avant de partir. Aujourd'hui il n'y a pas de vent et il fait chaud ; Différent ce marathon ! on jette les vêtements derrière un parapet où il y en a déjà des centaines d'autres; tous ces vêtements seront récupérés et distribués aux pauvres de New York; on le savait on avait réservé spécialement ces vêtements pour ça.

Brooklyn : Voilà les premiers spectateurs et tout de suite on comprend les anciens ; Du jamais vu, du jamais entendu; les spectateurs sont partout, sur le trottoir mais aussi aux fenêtres; ils crient, ils encouragent, ils chantent. Ce sont les femmes qui crient le plus fort, merci mesdames! Des spectateurs heureux ça changent de Paris. Bientôt c'est la 4ème avenue dans Brooklyn toute droite sur 3 ou 4 miles. Arrêt photo. Il y a de plus en plus de spectateurs, de plus en plus de cris, de plus en plus de tout sauf qu'il n'y a pas de musique. On nous avait promis " des sonos hurlantes aux fenêtres" et là rien. Serait ce un signe? Différent ce marathon.

5ème km : je regarde le chrono pour la première fois, je multiplie, calcule et annonce " on est parti pour 4h 07". On aurait voulu faire moins de 4h, tant pis on décide de ne pas accélérer, de profiter du spectacle. On continue toujours sur le même rythme. Les ravitaillements uniquement liquides sont tous les deux miles, c'est bien. On s'arrête à tous, On en profite pour quelques photos.Ca améliore pas la moyenne.

10ème km : Ca déroule toujours. On a comme une impression bizarre que la course n'a pas commencée tellement on se sent bien, tellement on est heureux d'être là. Et toujours cette marée de spectateurs et toujours ces cris. On perçoit les premiers "allez France", les "la France" lancés par les spectateurs qui ont eu le temps de repérer nos maillots vus qu'on n'est pas les premiers du groupe Havas à passer. On lève le bras pour les remercier on se retourne pour leur sourire mais il y en a de plus en plus et si on continue on va finir par courir en marche arrière. A un carrefour c'est un camion de pompiers qui assure le barrage. Les pompiers sont debout sur le camion. Tous les coureurs les saluent, les applaudissent. Ca crie de plus en plus. Chapeau messieurs!

15ème km : L'euphorie gagne. Le long de l'avenue les gens tendent la main. On frappe dans la main du grand balèze noir, on tape dans celles des moins balèzes et des grands enfants, on caresse celle des dames, on effleure celles des tout petits. Des gens tendent des mouchoirs en papier blanc, on ne sait pas à quoi ça correspond ; tradition ? Psychose de l'anthax? . Les "La France" continuent encore et encore. On a très légèrement accéléré mais déjà des premiers signes de fatigue dans les jambes se manifestent. " Et le canard était toujours vivant" Pourquoi , oui pourquoi me suis je alors rappeler ce sketch de R Lamoureux, pourquoi ce canard est il venu courir avec moi? Fallait il que ce marathon soit si différent?

Pont Pulasky - mi course : Grand pont moche tout en béton mais d'où on voit Manhattan de près pour la première fois. Ca monte, il n'y a plus de spectateur, alors on s'écoute un peu et on a chaud et on commence à être un peu fatigué et puis on a faim et il n'y a pas de ravitaillement solide dans ce foutu marathon différent. On ralentit. Je monte sur le parapet pour un arrêt photo, je saute du parapet pour repartir ; à l'atterrissage j'ai compris que les douleurs aux jambes qui m'ont forcé à m'arrêter après le 30ème dans d'autres marathons vont se réveiller encore aujourd'hui à moins que le canard ne me viennent en aide : "Toujours vivant"

Pont Queensboro - 25ème km : C'est ce grand pont métallique qui nous ramène sur Manhattan. On a tous vu cette photo de la passerelle métallique avec la
moquette et les buildings de Manhattan en arrière plan. Aujourd'hui on ne fera pas la photo. On n'a pas le droit de passer par la passerelle, on passe par l'intérieur du pont au niveau inférieur. J'avais oublié : Ce marathon est différent ! Eh bien je ferais ma photo quand même. Re parapet, re douleur et à nouveau le canard . Prépare toi petit; au bout du pont c'est l'entrée dans Manhattan et là on nous l'a dit c'est le délire, Brooklyn c'était le hors d'oeuvre et on va voir ce qu'on va voir et surtout l'entendre. Alors le canard a moins mal aux jambes; pour un peu il serait prêt à danser "c'est la danse du canard , coin coin coin"

Manhattan - 1ère avenue : C'est indescriptible, inimaginable pour un marathonien moyen et français de surcroît. Je ne trouve pas de mot pour dire cette avenue rectiligne décorée de milliers de ballons multicolores où des milliers et des milliers de coureurs semblent disparaître à l'horizon entre les gratte ciels, où les spectateurs déchaînés sont sur 5 ou 6 rangs, où les encouragements deviennent indéchiffrables se couvrant les uns les autres; Si pourtant il y a un mot pour dire, mais le dictionnaire l'ignore : c'est Manhattanbrantesque ! Alors le canard danse, un orchestre à coup de tam tam déclenche une ola parmi les coureurs. "yeah" on lève les bras, "yo" on les baisse; "yeah" on lève les bras, "yo" on les baisse; on fait cinquante mètres comme ça. Jamais vu ça! Nous devenons spectateurs ,on regarde partout, on ne veut pas en perdre une miette, on en oublie qu'on coure. Jamais on oubliera !

Manhattan - 1ère avenue - 30ème km : Après le seul ravitaillement semi consistant (gels à la caféine à vomir) la foule est moins dense, beaucoup moins dense et le canard aussi est moins dense; il ne danse plus. Il voit la pancarte des 30 km, note le temps de passage ; la tendance est pour 4h 15. Les jambes sont très très douloureuses, le mur est là après le 30ème tous les marathoniens le savent. Je pensais pouvoir passer au travers; je ne suis pas Fantomas. J'emplafonne le mur en plein . Je marche, j'ai toujours mal, je continue de marcher et j'ai de plus en plus mal alors je m'assois sur le bord du trottoir. Le canard ne danse plus, la mort du cygne commence. Cinq minutes de massages, d'étirements : Nicole m'a attendu, elle en profite pour faire une photo. Il y a du soleil ; "Blessé seulement" "Et le canard était toujours vivant" . Je me relève ; Ca repart en marchant tout d'abord . Et puis il y a cette brave dame noire qui me regarde dans les yeux, qui serrent
ses deux poings, qui me dit " La France, allez la France". Je lis dans son regard qu'elle s'est tous les jours qu'elle sert les poings. Je recoure, j'ai un peu moins mal et dans une heure se sera fini, y'a qu'a serrer les poings. Merci madame.

Bronx - Harlem : Je ne crois pas qu'il y avait beaucoup de monde, je suis ailleurs, un peu dans le cirage. On a encore traversé deux ponts. Sur le premier ils avaient déroulés une moquette rouge pour nous éviter de courir sur le caillebotis métallique, on se prend pour des princes "On est les champions, on est les champions, on est, on est les champions" Tiens c'est pas très révolutionnaire comme chant; je repense à l'ami du départ. Ca va mieux.

Cinquième avenue : Les spectateurs sont à nouveau là. Après le hors d'oeuvre de brooklyn , le plat principal de la 1ère avenue on se prépare pour le dessert dans Central park. La cinquième avenue monte, monte, monte interminablement .Il ne faut plus s'arrêter sinon on ne repartira plus . On saute le ravitaillement. Vivement le dessert. Photo tout de même.

Central park : Re indescriptible, c'est à nouveau Manhattanbrantesque, à nouveau l'euphorie, alors on dépasse la douleur et des coureurs par la même occasion; on fait au moins du 10 et demi. Les "Allez la France" redoublent, les "Go, Go" retriplent , les mains se tendent à nouveau. Dernier mile : c'est bon, soit encore 10 minutes, là c'est moins bon : mais quelle idée de compter en miles! Ca rallonge bon sang! Dernière ligne droite, ca monte un peu on ralentit histoire de se recoiffer grossièrement pour la photo d'arrivée et puis surtout parce qu'on en peut plus et puis la banderolle en travers " FINISH". Je prends la main de Nicole on lève les bras .C'est fini.
La douleur a terrassée l'émotion. Un peu moins de 4h et 23minutes. C'est loin de ce que l'on espérait mais on est heureux, très très heureux. J'entends Thierry Rolland qui commente notre arrivée en direct sur TF1 : "Nicole et Christian ont fait le marathon de New York vous le croyez ça , Nicole et Christian ont fait le marathon de New York, quel pied, mais quel pied! Après ça ils peuvent mourir tranquille, enfin le plus tard possible; Nicole et Christian ont fait le marathon de New York !!!"

"Congratulations" répètent les centaines de bénévoles après l'arrivée. Couverture de survie, "Congratulations", médaille, "Congratulations", bouteille d'eau, "Congratulations", sac de ravitaillement solide (enfin!), "Congratulations" , camion vestiaire n°38 tout au bout du bout du bout (conseils pour les futurs candidats : ayez un nom qui commence par A) "Congratulations" "Congratulations" "Congratulations".

Merci, merci à tous; c'était Manhattanbrantesque .


Alain ESPINET - espinet.alain@wanadoo.fr - 12.11.2001
Marathon de New York 2001

"United we run", cette expression concise restera dans la mémoire de nous tous, qui plus est pour ceux qui couraient comme moi leur premier mararhon à New York!!!
Car outre les coureurs, en quelque sorte le public, les policiers et les pompiers ont couru avec nous en ce jour béni pour l'Amérique. En effet tout était étrangement mélé, le 11 septembre et demain, la tristesse et la joie, le recueillement et l'explosion de liesse, le risque et le sentiment de protection, l'inconnu et le familier, l'effort et le bien être...nous étions chez eux mais comme chez nous, nous étions des inconnus mais interpellés comme de la famille, nous avions la souffrance de la course que nous rejetions immédiatement à la pensée des disparus, nous pleurions à chaque manifestation de sympathie et avons ri en franchissant la ligne d'arrivée, heureux que nous étions de leur avoir dédié tous nos efforts, toute notre volonté...
J'ai appris et donc j'ai volé le sentiment qu'un marathon peut se courir autrement qu'enfermé avec soi, inquiet de son chrono, à l'écoute des douleurs diverses, avec dans la tête le passé difficile de tout son entraînement et la détermination de la ligne d'arrivée...il fallait ce 04 novembre 2001 porter et se faire porter par cet ensemble qui criait sa peine et son bonheur à la fois...
Jamais nous aurons aussi bien donné quatre heures de notre existence, jamais nous n'aurons reçu autant de sympathie!! New York 2001 : "United we stand".

Plus terre à terre, merci à toi, Gérard Atlan pour la richesse de cette idée sur le Net...il est vrai que nous étions à New York avant que l'avion ne s'y pose, il est vrai que nos jambes étaient déjà familières au trajet et il est vrai que nous aimions déjà tous ces Américains avant de vraiment les vivre aussi intensément...
Merci à Havas pour leur organisation, pour notre tenue de course qui fut essentielle, capitale pour les New Yorkais à qui nous donnions ainsi le plaisir inavoué de parler ou de crier "in the french language". Enfin aussi merci à tous ceux qui sont restés dans les bureaux à Montpellier, tous les travailleurs de l'ombre car leur accueil fut toujours d'une extrême aimabilité, d'une patience admirable et d'une disponibilité absolue...

Alors sans doute à bientôt, le temps de redescendre sur terre, de se fixer un nouvel objectif, un nouveau défi...la routine tristounette après tout ce formidable événement!!!


Bernard Magron - ber.magron@wanadoo.fr - 18.11.2001
MON MARATHON DE NEW YORK


Ayant participé à plusieurs marathons dont Paris en 2000 et 2001, mon rêve était de courir celui de NY, pour mes 50 ans, ma famille et mes amis m'ont offert le voyage. Ne parlant strictement aucun mot d'anglais, mon fils Laurent (pour ses 20 ans) s'est fait une joie de m'accompagner. J'ai suivi tout au long des semaines et des jours précédents le départ :
Follow the blue line (merci à Gérard), qui a répondu à toutes les questions que je me posais.
Mis à part quelques soucis avec mes bagages qui ne sont arrivés à l'hôtel que le samedi matin, et une arrivée tardive à l'hôtel le mercredi soir, suite à un déroutage sur Chicago, le séjour a été exceptionnel.

Que dire du premier marathon que nous avons fait dans les avenues de NY..les gratte-ciel, la statue de la Liberté, les magasins, NY le soir, le retrait du dossard..DU BONHEUR
Que dire de la course de l'ONU, où Laurent, qui n'est pas un adepte du sport avait décidé de participer avec moi, bien qu'il ait eu du mal à suivre la cadence imposée par certains, il a été ébloui par l'ambiance qui régnait entre les coureurs de tous pays. Il a eu du mal à terminer, et le ravitaillement à l'arrivée a été le bienvenu, mais après avoir récupéré, ses premiers mots ont été : c'est vraiment trop tard pour s'inscrire pour le marathon...DU BONHEUR.
Que dire de la journée du marathon, où j'ai savouré chaque instant...DU BONHEUR.
- du réveil, où j'avais la sensation qu'une grande journée m'attendait
- du petit déjeuner où nous faisons dans la bonne humeur, le plein de calories
- du retour dans la chambre, au moment d'enfiler la tenue de course que j'avais pris soin de préparer la veille
- de la dernière photo avant l'embarquement dans les bus
- de l'embarquement dans les bus, où aucun coureur n'est debout (merci aux organisateurs)
- du trajet en bus, pendant lequel le chauffeur sans doute excédé par un contrôle de gendarmerie, a arraché un panneau de signalisation en voulant reprendre l'autoroute
- de la descente du bus, où j'aperçois pour la première fois le verrazano (photo)
- de l'entrée dans l'enceinte de l'ancienne base militaire (je ne suis pas dépaysé, je suis militaire de carrière),où nous allons devoir patienter pendant 4h30, mais il y a tellement de choses à observer
- de l'attente sur l'aire de départ, de la petite larme essuyée lors de l'exécution de l'hymne national américain et de God bless América, l'émotion est à son comble.
- de la traversée du verrazano, où j'ai apprécié le moment présent de participer à mon NY, j'aurais voulu qu'il dure, dure...J'ai fait attention de ne pas partir trop vite, pour ne pas me griller dès le départ. Durant cette traversée longue de 2 miles aucun sentiment de peur ne m'a effleuré, bien que j'avais aperçu les tireurs et les hélicoptères.
- de la fin du pont, l'entrée dans Brooklyn, les spectateurs sont partout, les encouragements et les premiers « allez France » montent de la foule.
- de l'arrivée dans Manhattan, du pont en entend, le bruit grossir au fur et à mesure que l'on en termine avec la traversée du pont, là l'émotion me saisit, et je ne peux pas m'empêcher de m'arrêter un petit peu pour apprécier pleinement de l'instant...DU BONHEUR A L'ETAT PUR.
- de la remontée de la 1ère avenue, où la foule est considérable, je me sens porté par les encouragements, j'ai essayé de voir si je rencontrais le regard de Laurent, peine perdue dans cette marée humaine, les spectateurs sont sur 5 ou 6 rangs, l'ambiance est indescriptible et inimaginable. J'aperçois des coureurs à perte de vue devant et derrière moi dans cette immense avenue qui paraît sans fin (mais que j'apprécie particulièrement).
- du passage dans Harlem, me permets de reprendre un peu mes esprits et de me consacrer un peu à ma course.
- de la montée de la 5ème avenue a été un peu dure pour moi, j'aurais bien eu besoin d'un ravitaillement solide, deux verres de Gatorade viendront à mon secours et me permettront de repartir.
- de l'entrée dans Central park est elle aussi inoubliable, toujours cette foule aussi présente et réconfortante, j'encourage quelques coureurs qui ont des difficultés à terminer.
- de l'arrivée qui est aussi un grand moment, elle m'a permis d'oublier pendant un moment la fatigue.
- du moment de franchir la banderole d'arrivée, j'ai eu pensée pour ma famille et mes amis grâce auxquels j'ai pu vivre ces moments qui resteront gravés dans ma mémoire, et j'ai dit à ce moment précis... RIEN QUE DU BONHEUR .
- de l'accueil dans le zone d'arrivée, par les volontaires qui avaient tous et toutes le sourire au moment de me remettre la médaille (un seul regret, ce n'est pas une charmante hôtesse qui me l'a remise), la couverture et le ravitaillement solide (auquel j'ai largement fait appel).
- des retrouvailles avec mon fils, qui avait l'air aussi fatigué que moi, mais dont les yeux exprimaient beaucoup de bonheur d'avoir vécu cette journée.
- du retour à pied à l'hôtel, ¾ d'heure, où nous avons profité pour éliminer les toxines.
- du repas du soir, en tête à tête avec Laurent (au détriment de la soirée organisée) où nous nous sommes raconté notre marathon.. DU BONHEUR.

Voilà mon marathon qui pour nous deux restera un souvenir impérissable et vous l'avez compris un grand moment du BONHEUR, pour un père marathonien et son fils.


Pierre Jouglard - PJOUGLARD@nomosparis.com - 20.11.2001
Que l'aventure fut belle!

Et pourtant l'inquiétude était forte dans les jours précédant le départ de Paris!!
La famille, les enfants, les amis, n'osaient pas toujours me le dire en face compte tenu des heures passées à l'entraînement depuis deux mois, mais beaucoup pensaient (certains l'ont dit) qu'il fallait une bonne dose d'égoïsme (et les dernières menaces d'attentats sur toutes les ondes la veille de notre départ!) pour maintenir malgré tout ce voyage et laisser ses enfants.
Et puis quoi que l'on se dise, j'étais loin moi aussi de partir sereinement. Mais les premières discussions dans la zone "groupe" d'Air France, le contact sympa avec mon voisin de voyage qui avait aussi "abandonner" épouse et enfant (petit reproche d'ailleurs à Havas sur l'absence d'endroit de rencontres à NY surtout pour les coureurs partis seuls, compte tenu de l'éclatement dans des hôtels différents et parfois éloignés) ont fini de balayer les appréhensions et le début de boule à l'estomac.
L'arrivée en début d'après midi le jeudi me permet d'aller chercher immédiatement mon dossard, avec une certaine déception sur le lieu et l'étendue de l'expo pas franchement emballante, et ..... dodo à 8 heures (locales!! soit 2h du mat'). Ce sera d'ailleurs le menu de mon séjour alors que cela ne m'était plus arriver depuis bien longtemps (8h, 9h coucher, debout 5h ou 6h).
Entre vendredi et samedi, je crois bien avoir fait au moins un marathon en marchant dans les rues de NY avant celui du dimanche . La ballade organisée le vendredi matin était superbe avec un temps magnifique et une guide vraiment très intéressante (pour pouvoir la conserver car elle est vraiment très sympa et compétente, c'était la ballade partie du Marriott!).
Et merci Gérard pour le tuyau sur le ferry vers Staten Island, je me suis régalé sur l'aller retour le vendredi AM.
Seul point "noir", je suis passé prés de Ground Zero en recherchant une bouche de métro pour revenir à l'hôtel et j'ai été saisi par l'odeur acre de brûlé qui régnait sur tout le quartier.
Je me suis également arrêté devant plusieurs casernes de pompiers et ce fut un moment de forte émotion avec ces photos (nombreuses) des disparus, les
dessins d'enfants, les fleurs et tous les témoignages de sympathie sur de grandes feuilles à l'entrée de chaque caserne.
Samedi! Et nous voilà réunis pour la photo de "famille" avant la friendship run ce qui permet de repérer quelques visages connus dont mon voisin de voyage avec qui je cours bien tranquillement (et pas à 15kmh de moyenne!!) en bavardant sous les quelques gouttes de pluie qui seront pratiquement les seules de notre séjour! Et là pas sympa du tout de nous lâcher sous la flotte et trempés dans central park avec mission de rentrer comme on peut en grelottant à nos hôtels respectifs. C'est une des rares choses que je n'ai franchement pas apprécié dans l'organisation de notre séjour. Mais bon, la pluie y est certainement pour beaucoup.
Le soir j'ai été ravi de ne pas "sauter" la pasta party car le cadre est très sympa et l'ambiance aussi. On discute avec des coureurs venant d'horizons différents et franchement l'organisation est à la hauteur. Quand au feu d'artifice, ce sera pour une autre fois!!! (aucune explication d'ailleurs pour ceux qui comme moi attendaient sur l'aire d'arrivée! en dehors de l'annonce sèche de l'annulation)
Et le grand jour arrive!
Debout à 5h (comme d'hab !!) et bon petit déjeuner.
J'avais tout préparé la veille au soir et comme il ne s'agissait que de mon deuxième vrai marathon, j'avais scrupuleusement suivi les conseils de Gérard. Il ne, me restait donc qu'à enfiler mes chaussures (la puce ayant été fixée la veille) et ma tenue avec mon survet à abandonner et mon pull pour le passage du pont.
Le sac transparent était prêt et aller zou toilette, un bon stock de vaseline et c'est parti.
Les bus étant parfaitement organisé me voilà à 6h 45 (soit 4h avant le départ) dans ce charmant fort militaire. Et bien heureusement qu'il faisait beau pour se reposer dans l'herbe!! Parce que 4 h c'est long!!!!!!
Et comme j'étais en zone bleu j'ai quand même passé 30 minutes (toujours ça de gagné) à trouver la fameuse pissotière géante . Gérard pitié pour ceux qui se retiendrait avant de la trouver! Dis leur que c'est au fin fond de la zone verte! (à moins que ça change chaque année ou que je me sois trompé de
pissotière!!)
Et puis l'heure H est arrivé avec ses jets de vêtements (au lieu de garder mon pull vu la chaleur, j'ai conservé ma veste de survet et adieu pantalon et pull... bon courage à celui qui voudrait reconstituer le puzzle du survêtement!!!)) et rassemblement sur l'aire de départ. J'ai été comme beaucoup très ému au moment des deux hymnes chanté "a capella" et dans un grand silence sur l'aire de départ. Je n'avais à ce moment là (ni après d'ailleurs) aucune ppréhension pour le passage du pont alors que comme beaucoup d'autres je m'étais mis depuis longtemps en tête (et nous en avions discuté la veille avec d'autres coureurs) que Verrazzano était effectivement la cible idéale pour un attentat et que nous serions sûrement très tendu jusqu'à l'entrée dans Brooklyn. J'ai simplement pensé à une américaine avec qui j'avais discuté lors de la pasta party , qui était à NY le 11 septembre et dont les deux grandes angoisses étaient le beau temps (à chaque fois qu'elle était revenu à NY depuis le 11 septembre pour ses affaires et qu'il faisait beau comme ce jour là elle me racontait qu'elle était prise d'angoisses sans pouvoir arriver à se raisonner) et le fameux pont. Peut être parce que pour mon premier marathon à NY je ne pouvais voir les changements par rapport aux autre années. Une anecdote d'ailleurs sur cette américaine qui n'avait pas prévu de courir mais qui a été appelé du fait visiblement de nombreuses participations antérieures et qui avait été contacté semble-t-il compte tenu d'un certains nombre de défections des inscrits initiaux (?)
Merci Gérard pour avoir sué tant et plus dans ma veste par plus de 20° y compris dans la descente du pont. Quant au premier mile, il n'a pas fallu que je ralentisse après un départ trop rapide, j'avais déjà prés de deux minutes de retard sur mes temps de passage! (en tout cas, super les bracelets dénichés à l'expo avec tous les temps de passage par mile en fonction de son objectif final)
Et puis l'extraordinaire a commencé dans Lafayette street.
Jamais je n'aurais pu imaginer une ambiance pareille! L'image qui m'est venu en comparaison quand je me suis retrouvé à naviguer sur le bord de la route
dans un bruit incroyable en tapant dans toutes ces mains tendues (parfois gantées!!), est celle de la montée de l'alpe d'huez dans le tour de France. Ces "allez france", "go, go" ..., ce monde massé sur le bord (que dire des rangées de spectateurs sur la première avenue) tout était fantastique. Et ce supporter français avec son maillot de l'équipe de France de foot que j'ai vu au moins à trois reprises et qui avait du sacrément bien repérer son chemin. Et pourtant ce fut dur, beaucoup plus que je ne l'avais imaginé
J'ai commencé à avoir mal aux jambes dès le 20ème KM ce qui ne m'était jamais arrivé sur mes deux premiers marathons. La fin de la 1ere avenue était interminable et je l'ai fini au milieu de la chaussée déconnecté de l'extérieur essayant juste de faire avancer les deux piquets douloureux qui me servaient de jambes. J'étais tellement content de tourner et d'attaquer la 5ème avenue qu'elle m'a semblé plus facile. Et puis ce fut l'apothéose dans central park.
Les dernières forces jetées dans la bataille, l'impression d'être dans une arène, saluant la foule malgré les boules qui se formaient derrière les cuisses à chaque fois que je levais les bras (les crampes étaient vraiment très proches!), les encouragements à quelques concurrents français exténués et qui tout d'un coup s'accrochaient pour finir le mieux possible, ce coureur désespéré allongé par terre perclus de crampes à quelques centaines de mètres de l'arrivée, et puis cette foule fantastique qui criait, cela restera des souvenirs inoubliables malgré le 4h 00mn 01s (et oui çà existe!!) assez éloigné du temps souhaité.
C'est vrai, ce n'est pas une course comme les autres et particulièrement nous a-ton dit, cette année!
Et puis tous ces petits morceaux de vie qui resteront longtemps dans ma mémoire, l'accueil superbe des bénévoles à l'arrivée, l'organisation sans faille mais qui m'a obligé à aller chercher mon sac bien loin dans central park, ce serviteur zélé du métro m'interdisant l'accès malgré mon dossard ("you have to pay"!!!) et m'obligeant en maugréant à ressortir pour trouver un peu plus loin une entrée bien plus accueillante, les regards et sourires échangés avec ceux et celles qui arboraient fièrement leur médaille, enfin cette policière à l'aéroport le lendemain qui m'oblige à boire dans la bouteille d'eau que j'avais à la main pour vérifier que son contenu est "correct"!!.
Maintenant j'ai compris pourquoi ceux qui l'ont déjà couru répètent sans arrêt que NY ce n'est pas qu'un marathon mais c'est aussi une vraie et belle fête .