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ILS VOUS RACONTENT LEUR
MARATHON
Jacques Viala - jviala@wanadoo.fr -
30.03.200
[HAVAS - NEW-YORK] Mon moment fort
Un grand moment du marathon de NY en 2002 ? Cest
difficile à dire. Jai raconté mon aventure
sur le forum 2002 quelques jours après la course. Ce
texte est encore en ligne à l'adresse http://www.club-marathon-france.org/new_york/raconte.html
(titre : mon marathon)
Mais dire quel fut LE GRAND MOMENT : je dirais pour moi ce
fut le départ au son du canon, la musique de New York
New York qui chante très fort dans la sono. Les premiers
mètres au pas puis on passe larc de ballons qui
délimitent la vraie ligne de départ et enfin
en petites foulées on attaque le Verrazzano qui monte
monte pendant un 1,6 Km . Au milieu on attaque la pente descendante
et on accélère gentiment. Cest beau grandiose.
Ensuite lentrée de Brooklyn avec les premiers
spectateurs. Je ne pourrais jamais oublié.
Le Queensborrow Bridge est magique lui aussi dans la mesure
où la fatigue commence à se faire sentir, mais
quand on déboule dans les virages de la sortie et que
la foule est là qui crie encourage, jai repris
de forces comme si je démarrai la course au kilomètre
zéro. Si ce nétait la foule qui encourage
et particulièrement les français, je naurais
jamais fait le temps que je nespérais pas puisque
ce marathon était mon premier. Je ne revivrai jamais
ce moment là si ce nest de nouveau à New
York.
Dimanche 6 avril je ferai le marathon de Paris qui est très
certainement un des plu beaux du point de vue du parcours,
mais coté ambiance je mattends à ne ressentir
que de lindifférence voire carrément de
lhostilité de la part de ceux qui seront génés
par le passage de la course.
Bonne préparation pour tous les futurs marathoniens
de NY ou de Chicago
Jean-Luc EXCOFFIER - jlexcoffier@wanadoo.fr - 29.03.2003
[HAVAS - NEW-YORK] Mon moment fort
Salut à tous,
Merci à Gérard d'ouvrir cette liste de discussion.
Et c'est avec plaisir que je vais le retrouver lors de cette
nouvelle édition.
J'ai fait sa connaissance lors de l'édition 2000, alors
que nous logions au YMCA, au bord de Central Park.
Mes souvenirs de cette édition 2000 ne sont pas ceux
d'un coureur mais d'un spectateur bien malgré lui...
Une grosse entorse, contractée 9 jours avant le jour
J, ne m'a pas permis d'y participer. Je ne vous dis pas la
déception !!!
Par contre, en tant que spectateur, j'ai assisté à
des choses extraordinaires.
J'ai pu voir un aspect du Marathon qu'on ne voit pas en tant
que coureur. C'était grand !
En fait, j'ai fait la navette entre le Queensborrow Bridge,
dont parlait Gérard, et les derniers hectomètres
à Central Park.
J'ai tout d'abord vu apparaître, à la sortie
du Queensborrow, l'Élite. J'étais posté
là, sous le pont, au 5ème rang des spectateurs,
dans une ambiance de folie. Les hélicoptères
tournaient au dessus de nos têtes, annonçant
l'arrivée imminente des leaders. Petit à petit,
l'excitation nous a tous envahis, certains jouaient de la
musique, d'autres chantaient... Et lorsque les 3 hommes de
tête sont apparus, il y avait le feu !!! Quel bruit,
quelle ambiance... Et cela n'a jamais cessé. Chaque
spectateur cherche les coureurs de son pays pour les encourager,
sans pour autant les connaître.
Cet endroit est vraiment magique. C'est le début de
la 1ère Avenue, que l'on voit s'éloigner au
loin. Et des deux côtés, il y a 5 ou 6 rangées
de spectateurs qui applaudissent, qui hurlent, qui chantent...
Que c'est beau !
Ensuite, je suis allé au bord de Central Park, un peu
avant l'arrivée. J'ai de nouveau vu passer les premiers,
dans une ambiance un peu moins "folle" puisque la
course était jouée. Mais, quel que soit l'endroit,
il y a toujours des gens pour vous encourager.
Je suis retourné au Queensborrow Bridge. J'ai alors
vu passer les coureurs qui étaient sur les bases de
3H15 - 3H30. Toujours la même folie du côté
des spectateurs;et des coureurs qui se permettent de s'arrêter
pour voir les amis, embrasser femmes et enfants venus les
encourager... Tous les coureurs ont le sourire, ils vivent
à cet endroit un grand moment. On sent que le chrono
n'est pas, pour la majorité, une obsession mais bien
l'envie d'en profiter à chaque pas. Chacun est venu
pour profiter de cette ambiance, en prendre plein les yeux
et les oreilles...
Je suis resté là un très long moment,
tellement c'était beau. Puis, je suis retourné
à Central Park, pour voir terminer les coureurs au
delà de 4h30 de course. Malgré la souffrance
pour certains, ils étaient tous HEUREUX d'en terminer........déjà
! Même Gérard est passé devant moi avec
un large sourire...
Je n'oublierais pas cette journée et tout ce que j'ai
pu voir au bord du parcours.
Et croyez-moi, j'ai hâte d'y retourner, pour enfin le
courir, ce Marathon de New York !
Et pour profiter de l'ambiance à la sortie du Queensborrow
Bridge...
Gérard ATLAN - gerard.atlan@wanadoo.fr
- 05.11.2002
[HAVAS - NEW-YORK] le retour...
Salut à tous
De retour d'un marathon de NY égal à lui même
cad toujours aussi fabuleux malgré le froid.
Que vous dire de plus que je n'aie écrit dans "Follow
the Blue line". Rien... tout a été parfait,
les petits bleus de NY ont vu que bien que passionné,
je n'ai pas raconté d'histoire et que ce marathon mérite
bien son surnom de MAGIC MARATHON.
Pour moi, ce marathon a été très particulier
et très fort en émotion, car j'ai eu la chance
de courir avec ma fille et c'est une expérience que
je souhaite à tout parent marathonien. Nous avons ensemble
traversé toutes les rues de New-York, serré
un grand nombre de mains, passé deux pellicules photos
pour graver à jamais tous ces instants inoubliables.
Et la photo que j'attends avec impatience, celle où
nous avons franchi ensemble, la main dans la main, la ligne
d'arrivée, dans la nuit de Central Park restera pour
moi comme le plus beau souvenir de marathonien.
Je voudrais dire un grand merci à tous ces spectateurs
anomymes qui dans la nuit étaient toujours là
malgré le froid pour nous encourager, nous remonter
le moral et nous aider à nous surpasser pour atteindre
la ligne d'arrivée, à cette femme qui nous a
passé la médaille autour du cou avec son traditionnel
"Congratulation".
N'hésitez pas à nous envoyer vos impressions
et vos photos afin d'alimenter la photothèque et la
rubrique "ils vous racontent leur marathon" afin
de faire rêver les "petits bleus" de 2003
A tous bravo.
Sophie Atlan - sophie.atlan@wanadoo.fr
- 06.11.2002
[HAVAS - NEW-YORK] mon histoire
hello à tous !!! malgre mes douleurs aux pieds et ma
démarche en canard , je n'arrive pas à m'empêcher
de sourire et à redescendre de mon nuage ...... ON
l'A FAIT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! nous sommes des MARATHONIENS
!!!!!!!!!!!!!!!! cette journée sera gravée dans
ma tête : du petit déjà super stressant
, puis le mal au ventre du départ , la sensation, au
coup de canon qu'on est fichu , les coureurs qui te portent
, qui te font démarrer , accélérer ,
et ça y est la foule qui hurle, qui chante, qui applaudit
et nous sourit...! et les miles qui défilent, au début
sans s'en rendre compte, puis de plus en plus long, au point
que sur les derniers miles j'ai cru qu'on avait volé
un panneau !!!!!
pour moi , le plus dur c'était les 13 premiers miles
car on n'a même pas fait la moitie et on est déjà
épuisé, aux ravitaillements, étant dans
les derniers, il n'y avait plus de gatorade et on a l'impression
qu'un marathon est infaisable et on arrive dans le quartier
juif orthodoxes où il n'y a aucun encouragement, et
là c'est très très dur, les douleurs
commencent, mon père m'encourage et c'est ici que j'ai
commence à courir grâce à ma volonté
uniquement , mon corps étant (déjà !!!)
épuisé.
et on passe ce quartier, la clameur reprend, de nouveau le
sourire aux lèvres, je ne sens plus mes douleurs et
toc le 30 ème, d'un coup ! et le liquide énergisant
oh je l'ai trouve délicieux , même le goût
chimique m'a plu !!! et c'est reparti, mon père continue
de me parler de tout de rien, pour que j'oublie ma fatigue
et seul reste le but à atteindre : finir ce marathon
! les heures défilent , je me demande comment je fais
pour tenir mais pas une fois je me plains à mon père,
car si je commence, j'arrête, donc pas question de marcher,
on continue, on court, on a froid, la nuit tombe, les spectateurs
s'en vont, mais c'est pas grave on continue, et si finalement
c'était possible que j'y arrive ?????!!!!!!!! et c'est
l'entrée dans central park et la plus haute et longue
montée que je n'ais jamais vue !! je n'en peux plus,
mes pas deviennent mécaniques j'entends la voix de
mon père qui m'encourage sans s'arreter, je n'ai plus
la force de lui répondre, mes douleurs arrivent d'un
coup à leurs paroxysme, comme si on frappait mes pieds
violemment à chaque pas, ça y est on en sort,
MAIS OU ELLE EST L ARRIVEE ?????????? et on reprend dans central
park et les spectateurs sont là, l' émotion
bloque ma gorge, je n'arrive plus à respirer, les larmes
m'aveuglent, je continue, même si je dois finir sur
une civière je finirais ! et accélère,
mes poumons brûlent il y a partout des signaux d'alerte
dans ma tête, mais je continue, mon père me prend
par la main et c'est ainsi, cote à cote , comme pendant
toute la course , que nous franchissons l'arrivee !!!!
j 'ai terminé mon marathon en 6 heures 25 minutes sans
marcher sauf sur le queensborrow et j'en suis très
fière et plus que très heureuse!!!
merci papa !
Bernard Helaudais - bernard.helaudais@cgey.com
- 06.11.2002
Re: [HAVAS - NEW-YORK] mon histoire
Bonjour à tous,
Bravo au papa et à sa fille c'est un bel exploit que
vous avez fait là.
Je tenais à remercier l'équipe havas, pour son
organisation parfaite, je garderai longtemps le souvenir de
mon premier marathon et du choc lors de l'impact avec le fameux
mur dont tu nous as tant parlé.
Je suis à la recherche de photos, si quelqu'un a par
le plus grand des hasard photographié le français
portant le dossard 283, c'est moi.
Jacques VIALA" - jviala@wanadoo.fr - 07.11.2002
[HAVAS - NEW-YORK] Mon Marathon (jviala)
Bonjour Gérard, Bonjour à tous,
Quelle journée ce dimanche 3 novembre ! Couché
samedi à 21h00 et éveillé dès
3h00 du matin, j'ai lu jusqu'à 5h00 du matin, toilette
et habillage sans me presser jusqu'à 5h55. j'avais
6 couches de vêtements (je suis frileux). J'ai mangé
rapidement un Danish de chez Macy's. je n'ai pas osé
boire pour ne pas me charger la vessie. Et je suis parti prendre
le bus. Déjà, sur la 42° rue j'ai pu juger
de l'organisation incroyable du Marathon de NY. Une file d'attente
qui devait faire vers 6h15, près de 1 km de long et
qui a pratiquement doublé le temps que j'arrive à
5 minutes de l'embarquement. Je suis monté dans le
bus à 7h00. Très bonne ambiance dans ce bus
et décontractée. Je me suis même surpris
à bavarder avec des américains et à laisanter.
Arrivé à 8h00 sur le site je me suis dirigé
vers la zone bleue et j'ai attendu jusqu'à 9h00. J'ai
enlevé 2 épaisseurs et le bas de survêtement
et j'ai donné mon sac au camion N°71 (ce numéro
je m'en souviendrai longtemps). Je me suis enveloppé
dans un sac poubelle et j'ai attendu au soleil frai jusqu'à
10h25. j'ai vu comme un rassemblement très dense se
faire. Je l'ai rejoins et j'ai constaté que les boxes
par dossards n'existaient pas dans la pratique. OK, j'attends.
Un speaker nous dit que l'on va se diriger vers l'aire de
départ dans quelques longues minutes et de ne pas uriner
sur le coté contre le grillage. Ah oui, allons-y, il
faut en profiter. Je fais donc comme les autres, je me soulage.
Puis lentement on se dirige vers l'aire de départ.
C'est immense large. Il faut que je me débarrasse:
du sac poubelle, du foulard, d'un Tshirt et d'un sweet shirt.
Je garde le beau sweet shirt de "Marathon France"
pour la traversée du pont. On a froid. Heureusement
la cérémonie est courte et miracle on annonce
que le départ aura lieu dans 45 secondes; il est à
peine
11h06 et quelques secondes. Super. Enfin le coup de canon
(un vrai) et la musique du film (ou comédie musicale)
New York New-York, qui chante dans les haut-parleurs. L'EMOTION,
départ au petit pas, attention aux vêtements
divers sur le sol et on arrive sur le pont. Incroyable, les
belles descriptions de Gérard étaient lyriques,
exagérées me disais-je quand je les
lisais. Il veut donner envie. Mais non, il n'exagérait
pas, c'est la vérité et même en dessous
de la vérité. Il faut le vivre pour se rendre
compte de ce que c'est.
C'est lent, nous sommes nombreux. Je me suis fixé comme
but de faire 4h00-4h15 à ce marathon. Je sais que ce
n'était raisonnable pour un premier, mais je voulais
me faire une référence. Ce qui donne 9' au mile.
Au milieu du pont le premier mile est en 9'35 pour moi. La
descente commence, on sort du pont, premiers virages de sortie
et le 2° mile est bouclé en 8'30, je suis dans
mes temps. Enfin Brooklyn et les premiers spectateurs et le
rêve continue. Je commence à être bien
je suis sur une cadence qui me semble raisonnable, j'ai enfin
chaud et j'enlève le beau sweet shirt de "Marathon
France" et je le donne à un enfant qui encourage
les coureurs. J'espère qu'il l'aura gardé.
Cette 4° avenue de Brooklyn est vraiment très longue,
mais j'en garde un bon souvenir, tiens les coureurs du départ
vert viennent de nous rejoindre et la chaussée est
vraiment pleine. Premier ravitaillement, je bois, il faut
boire à chacun des ravitaillements car je n'ai pris
aucun liquide depuis hier soir. Deuxième ravitaillement,
je prends un verre de Gatorade, beueurg ce n'est pas bon,
mais c'est bon pour le corps paraît-il : sels minéraux,
sucres, énergie, etc etc. j'ai entendu le discours
lors du retrait du dossard. J'en bois la moitié, l'autre
part sur mon débardeur, mes jambes et le short. Au
moins tout est sucré maintenant. Et je continue sur
mon petit nuage, les miles sont franchis en 8' environ et
je prends de l'avance sur
mon timing. Je n'ai pas l'impression d'aller trop vite. Je
prends une belle leçon d'architecture économico-sociale.
Je me régale et les spectateurs sont vraiment sympa
et participent.
Arrive les Pulaski bridge, on est au semi-marathon. Je suis
à 1h43', j'ai 14 minutes d'avance sur mon timing, je
suis heureux. Tiens la montée se fait sentir ainsi
qu'un peu de fatigue mais ça va. J'en profite pour
arroser le bord du pont. C'est la dernière occasion
avant Manhattan. Changement d'architecture et de société
dans les Queens. C'est un peu froid, limite indifférent
mais certains endroits sont bien remplis et les encouragements
reprennent.
Enfin le Queensboro Bridge, il est long monte beaucoup aussi.
C'est calme et la traversée est longue. Quelques coureurs
marchent. C'est beau, je vois les immeubles de Manhattan qui
s'approchent, le 16° mile est franchi, la descente commence
et le public est là. Fantastique, délirant,
hurlant, encourageant tous les coureurs et pas seulement leurs
amis ou parents. Puis la première avenue. Tous les
coureurs sont des vedettes, tous ces cris sont impressionnants.
Un mal aux jambes que
je commençais à sentir s'efface et je continue
au milieu de ces deux rangées sur 4 ou 5 rangs de spectateurs
qui participent ou qui font le spectacle. Le 18° mile
est le seul endroit où l'on a un ravitaillement semi-solide
avec le sucre en gel. Je prends sans trop savoir ce que c'est
au début et j'avale le sucre: l'histoire me dira quelques
miles plus loin que j'aurais dû en prendre 4 ou 5 d'un
coup. Je me chronomètre entre le 18° et le 19 °
mile et je suis à 9'10 au mile. C'est bon. Je maintiens
mais c'est dur. Moins de monde déjà et enfin
Harlem. Une autre architecture, une autre ambiance.
Le Willis avenue bridge s'annonce avec une montée que
je trouve forte et le treillis métallique est rude
malgré la moquette. Passage du 20° mile en 2h42.
c'est bon, je me dis que mon objectif risque d'être
atteint au-delà de tout espoir optimiste.
Je ressens quelques douleur et la fatigue dans les jambes
commence à se faire insistante. Heureusement le Bronx
est plat et le Madison avenue Bridge se franchit "à
plat". Je n'aurais pas apprécié une montée.
La 5° avenue et le 21° mile : encore 5 miles. C'est
dur. Nous sommes dans Harlem, un chour de Gospel, super, puis
un orchestre de percussions, resuper, je pense moins à
la fatigue et la douleur. 35° km, encore 12 km et il faut
contourner le Marcus Memorial Park qui est très beau,
mais je ne suis pas en état d'apprécier les
maisons typiquement New-yorkaises. Et enfin de nouveau la
5° avenue avec le 22° mile. Je prends un grand verre
de Gatorade je ralentis presque à marcher pour boire
le verre complet. Tiens, je commence à la trouver bonne
! Et puis la 5° avenue monte, monte. Je n'en vois plus
la fin. Je me dis "ne pose pas le pied" (ne marche
pas) au moins 100 fois de suite. Que c'est long un mile !
Enfin un peu de descente. Toujours pas le panneau
du 23° mile. Ils ont du l'oublier me dis-je. Je vais voir
le panneau du 24° en entrant dans Central Park. Non, ils
ne l'ont pas oublié. Entrée dans Central Park
et le panneau du 23° mile, un calcul rapide 26.2-23 =
3.2 miles soit 5 km environ, c'est long
long. Le public en encore plus nombreux et bruyant. Un leitmotiv
me trotte dans la tête : "ne pose pas le pied,
ne pose pas le pied". Je pose le pied, je n'en peux plus.
Je marche en titubant, les yeux fermés, la tête
tourne. J'ai l'impression d'être saoul, ivre mort. J'entends
en bruit de fond "go France, go", "don't give
up". Je rouvre les yeux je repars. Le 24° mile enfin,
et le parcours monte monte. Un cauchemar, je m'arrête
de nouveau quelques secondes ou minutes, cette fois je fais
semblant de m'étirer contre un arbre. Je récupère
un peu. Le panneau du 40° km m'indique que je suis à
3h30, j'ai envie d'arrêter et de continuer à
pied. Je m'arrête et je m'assieds sur une rambarde.
La tête tourne, j'ai envie de m'allonger sur le sol
et de dormir. Les gens autour de moi me parlent gentiment
et m'encouragent à repartir. Je repars enfin, voici
le 25° mile je déguste cet
excellent breuvage qu'est le Gatorade, je bois un verre plein
en marchant lentement. C'était vraiment très
bon. J'en reprendrais bien volontiers. Je continue, j'aperçois
les immeubles de la 59° rue, ils s'approchent très
lentement. Me voici sur la 59° rue, je n'en peux plus.
Je marche les yeux fermés en titubant. Les cris du
public me sont désormais indifférents. Je
continue comme un zombi. Puis une coureuse se met à
mon niveau, me pousse gentiment et me dit "go, go",
je repars avec elle. On fait quelques pas et quand mon rythme
est suffisant elle continue sa course et moi la mienne. Merci
à cette dame.
Je rentre dans Central Park, enfin le 26° mile. Calcul
0.2 mile multiplié par 1.609 égale, je ne sais
plus : 3 chaussettes et deux courgettes. Virages, montée,
cris. Un panneau annonce 300 yards. Qu'est ce que le yard
par rapport au mètre, c'est plus long. Oui puisque
les 200 yards restant font au moins 1 km. Ensuite les yards
sont encore plus longs, 100 yards
restant. Finalement je vois les tribunes pleines de monde,
criant, hurlant, encourageant, le portique avec les projecteurs
et les chronos, je lève ou je tente de lever les bras
pour "la photo". Ai-je posé le pied sur le
tapis de contrôle ? Peu importe (oui, car finalement
j'ai fait 3h45). Je m'effondre dans les bras de 2 personnes
qui ont deviné ce qui allait m'arriver. Après
quelques secondes, ils me demandent si je veux une assistance
médicale. "Non merci, I am OK". Et je continue
pour aller prendre LA MEDAILLE dont je rêve depuis des
mois et des mois. Puis la couverture métallique, un
scotch pour la tenir, un verre de cette excellente Gatorade,
et la montée très longue en titubant et boitant
vers le camion N° 71 à hauteur de la 86° rue,
soit une vingtaine de blocs par rapport à l'arrivée.
Je n'ai besoin que de 45 minutes pour récupérer
mon sac. Après habillage, je mange deux bananes et
un morceau de pain. Je me sens mieux et je parviens à
marcher quasi normalement et
HEUREUX.
Dimanche soir repas normal et enfin une bière dont
je rêvais depuis le début de la semaine et au
lit à 20h00.
Lundi matin à 4h00 du matin je lis de nouveau et à
6h00 je sors pour aller déjeuner au coin de 6°
avenue et Broadway. Je mes sens bien et heureux d'avoir pu
faire cette belle course. A quand un prochain marathon ? Je
me laisse 48 h pour répondre. Je dois d'abord comprendre
pourquoi j'ai faibli sur la dernière partie. Serait-ce
le MUR ? Je l'ai franchi en tout cas.
Nous sommes à plus de 48 heures après, la réponse
st oui, je recommencerai au printemps prochain.
Coté organisation, Havas a été à
la hauteur dans l'ensemble Merci à Gérard pour
avoir préparé les internautes marathoniens et
futurs marathoniens à ce Magic Marathon. J'espère
te rencontrer un petit peu plus que quelques secondes à
un prochain marathon.
Salut à tous et merci à tous ceux avec qui j'ai
longuement bavardé et obtenu des conseils qui m'éclairent,
à présent, pour de futurs exploits.
Philippe Garcia - le.pignon.voyageur@wanadoo.fr
[HAVAS - NEW YORK] Merci
On a beau avoir lu tous les "Follow the Bleu Line",
avoir entendu parler les "anciens" et donc s'attendre
à cet accueil fabuleux de la part des New-Yorkais,
on se prend quand même à avoir de temps en temps
la gorge serrée et la larme à l'oeil. Comment
peut-on penser au chrono quand on voudrait que cela dure le
plus longtemps possible ?Merci à toute l'équipe
d'Havas pour cette organisation sans faille.
Pascal Jacquin - pascal.jacquin@valeo.com
- 08.11.2001
Subject: Réf. : [HAVAS - NEW-YORK] Le retour......
Salut Gérard, salut à tous
Tout d'abord un message perso pour Gérard que nous
avons rencontré samedi soir au YMCA.
Encore merci pour ton "Follow the blue line" ainsi
que pour tout tes conseils qui nous ont été
très utiles. Tu as fais un très bon boulot,
et comme me disait un membre notre équipe, tu nous
as été d'une très grande aide dans
notre préparation psy.
Merci ensuite à Havas Voyage, à François
Leobon et toute son équipe pour la logistique et
l'organisation.
Passons maintenant aux impressions :
Le marathon :
Pour toute l'équipe, il restera un souvenir très
fort, très émouvant. Tous les adjectifs du
dictionnaire ne sont pas assez fort, pas assez nombreux
pour décrire les sentiments ressentis lors de cette
course. C'est pour ma part la première fois que j'ai
pleuré en courant. L'ambiance créée
par le public américains était fabuleuse.
Aux "congratulation" et les "allay la France"
dont avait parlé Gérard, il fallait ajouter
cette année les "Thank you for coming".
Les kilomètres ont défilé comme jamais
et plusieurs d'entre nous ont battu leur record, d'autres
pris dans l'euphorie de la course se sont brulé les
ailes, mais tous ont franchis la ligne heureux.
Après les évènements du 11 septembre,
nombreux new-yorkais rencontés avant, pendant et
après la course, dans le métro, dans la rue,
au restaurant, ... nous ont en effet remercié de
notre présence à leur coté, dans leur
ville, et sur leur marathon.
L'hotel :
Nous avions choisi l'hotel dans le New Jersey. très
classe, très calme, mais un peu décentrer.
Le point noir : les bus. Plus rien après 23:00 ou
23:30 selon les jours. Difficile donc de rester tard au
restau ou autre spectacle. Si nous avons très bien
dormi, au calme, nous avons passé beaucoup de temp
dans les transports en commun.
La pasta party :
Seul deux d'entre nous ont eu la patience d'attendre et
ont pu rentrer. Les autres n'ont pas souhaité attendre
près de deux heures debout, surtout la veille de
la course.
La course des nations :
A faire absolument et ne pas oublier l'échange des
tenues à l'arrivée (le sweat Havas a eu un
très grand succès auprès des autres
coureurs). C'est un exercice très important également
dans la préparation car il nous a permi de décrasser
après les très nombreux kilomètres
fait à pied dans Mahnattan
les deux jours précédents.
L'expo :
C'est le point négatif de ce séjour. Comme
nous l'a expliqué Gérard, elle était
bien moins importante que les autres années (trois
fois moins grande), donc peu de chose à voir. Mais
le comble était le lundi matin. Plus aucun exposant,
à part le stand pour les T-shirt finisher (hors de
prix) et celui des videos.
On pourrait encore en parler longtemps (aussi longtemp
que Gérard) mais il nous faut maintenant préparer
l'avenir et les courses suivantes. En résumé,
un seul qualificatif pour ce marathon : GREAT.
DURAND Stephane CLERMONTFE - stephane.durand@francetelecom.com
- 08.11.2001
Voilà déjà 2 jours que je suis rentré
; j'ai encore les yeux tout embrumés !
Que d'émotion, que de plaisir tant pour l'accueil
chaleureux des New-Yorkais que par la beauté de cette
ville ! Plusieurs personnes m'avaient dit que c'était
le plus merveilleux marathon au monde ; c'est plus que ça
! C'est Grandiose !!! Une organisation irréprochable,
un public fabuleux, c'est 40 km de plaisir et 2 km 195 d'extase
!
Les américains disent "we'll never forget !"
; moi non plus, je n'oublierai jamais !!!
Mohamed. berchi - m.berchi@infonie.fr
- 08.11.2001
[HAVAS - NEW YORK] mes impressions
Bonjour Gerard, bonjour tout le monde ,
J'ai vecu quelque chose de très fort ces derniers
jours , voici mes impressions à chaud .
Je crois que nous avons tous vecu un marathon inoubliable
tant avant, pendant, après. Tout ce que peut resentir
un homme nous l'avons vecu l'angoisse , la peur , l'emotion
, la joie , le bonheur .
L'angoisse : quand nous étions dans l'avion au dessus
de l'atlantique et que l'on se dit cela n'arrive qu 'à
la télé et surtout pas à nous . Mais
l'impatience de voir New-York par le hublot avait vite pris
le dessus .
La peur: On pouvait voir à la télé
aux informations du matin que les américains craignaient
une attaque des ponts et comme l'information rebouclait
sans cesse ! ! ! ! . Cela n'etait pas fait pour nous rassurer
. Au moment du depart , on a pu voir des helicoptères
( en plus des télés) survolés le pont
avec des tireurs d'élites perchés au sommet
du pont de verrazano .Là, on pense à sa famille
qui est très loin et qui a la même information
L'emotion : Au moment du depart pendant l'hymne national
, un silence rempli d'emotion et de receuillement . J'ai
pu voir dans les yeux de mes camarades
(pascal, michel, bebel , et tous les autres que je ne connaissais
pas) des larmes perlées , pendant quelques instants
on evitait de croiser nos regards comme pour garder cet
instant pour soi . Moi, j'avais prevu le coup dernières
mes lunettes fumées .
L'emotion aussi quand nous sommes allés remettre
au quartier general des pompiers de New-york des messages
de sympathie et de soutien de la part des
pompiers de rhone- alpes et de la part des salariés
du groupe Valeo vu les mesures de securité draconiennes
que nous avons du franchir , nous somme
encore plus fières de l'avoir fait
La joie : Dès le depart , on se dit ça y
est ,on y est . le Marathon que l'on a preparer depuis un
an et demi avec toute la section course à pied .
Ce marathon je ne pouvais pas le faire sans faire un geste
fort envers la population new-yorkaise . Je me suis arreté
après le pont de Verrazano et demandé à
une charmante dame de me donner son drapeau Américain
et c'est comme cela que j'ai fait toute la course avec ce
drapeau en le brandissant le plus haut que mes bras le pouvaient
.Ce geste je ne l'avais pas premiditer, même pas imaginé
. Mais je peux vous dire que j'ai été largement
remercié avec des encouragements qui vous prennent
aux tripes et qui vous font faire un marathon sur un nuage
.
Le bonheur : Jamais je n'ai ressenti cela sur quelque course
que se soit . La traversée de la 1st avenue dans
manhattan , avec un public incroyable , emorme de part et
d'autre de l'avenue , on ne peut pas y croire , c'est pas
vrai , tout ça pour nous , pour nous remercier d'etre
venu , non c'est trop , cardiaque s'abstenir .Est ce que
c'est le drapeau que je brandis fièrement ou l'emotion
qu'y est trop forte ou ce public fabuleux , je pleure (derrière
mes lunettes mais personne le voit ).
Et l'arrivée , féerique , incroyable ( donner
moi d'autres adjectifs , je n'en ai pas qui soient assez
forts) tout new-york c'est donné rendez-vous à
central park .Sur les derniers mètres qui me restent
à faire je brandis le drapeau avec mes deux mains
au dessus de ma tête . Je suis épuisé,
vidé , j'ai eu des crampes, je me suis arréte
à plusieurs reprises , jamais je n'ai eu une fatigue
pareille même lors de mon premier marathon mais cela
n'est rien ne rapport avec ce que je viens de vivre .
Et je ne vous parle pas d'alloween , la visite de new-York
etc , etc, etc ..
Je tiens à remercier tous mes collègues avec
qui j'ai couru ce marathon et qui mon apporté beaucoup
de bonheur : Pascal, Regis, Jaime, Olivier , José
, Bébel, les deux Pilippe, sans oublier la courageuse
catherine ( premier marathon ) et notre petit ange , la
délicieuse Patricia.
pour finir, J'ai eu une pensée très forte
pendant ce marathon pour ceux qui sont morts , mais ma pensée
va aussi vers ceux qui souffrent et qui paient cher le prix
de la paix et de la democratie .
Je peux vous dire pour ceux qui ne lisent pas encore entre
les lignes que : Je suis fière d'être français
! ! !
Merci à Gerard Atlan
Claude Heitzer - heitzlercetf@evc.net
- 08.11.2001
[HAVAS - NEW YORK] Le retour
Salut Gérard,
Après avoir rêvé New York pendant des
mois nous venons de passer mon épouse et moi une
semaine merveilleuse à New York. . Pendant tous ces
mois les messages et les conseils de Gérard nous
ont permis de nous imprégner d'avance de la ville
et du marathon. La réalité a été
aussi belle que ce que nous en avions rêvé.
Pour moi la course du Marathon restera un souvenir inoubliable
: beau temps, organisation parfaite,forte émotion
avant le départ, foule énorme qui vous encourage
tout le long du parcours. Ce marathon est effectivement
le plus beau que j'ai couru jusqu'à maintenant, il
est à conseiller à tout coureur . Je tiens
aussi à relever le courage de toute la population
de New York qui malgré tous les problèmes
qu'elle a actuellement est d'une grande gentillesse et continue
à vouloir vivre normalement.
Les excursions et visites conseillées par Gérard
sont vraiment à faire, principalement la promenade
en bateau du samedi après midi qui nous a permis
de nous détendre avant la grande course en passant
devant des vues superbes. Malheureusement nous n'avons pas
eu la joie de rencontrer Gérard lors de cette ballade
pour le féliciter de vive voix pour la mise en place
de ce groupe de discussion. La messe du dimanche matin que
mon épouse a suivi dans une petite église
à Harlem était elle aussi un grand moment
du voyage. Le dernier jour nous avons terminé nos
visites par l'Empire State Building d'où nous avons
encore une fois pu voir tout New York.
Nous félicitons aussi les accompagnatrices d'Havas
qui elles aussi ont toujours été disponibles
pendant tout le séjour.
Encore un grand merci à Gérard et nous souhaitons
aux futurs coureurs qui participerons au Marathon 2002 autant
de plaisir et de bonheur que nous avons reçus en
2001.
Claude et Félice
Laurence INIGUEZ - laurence.iniguez@valode-et-pistre.com
- 09.11.2001
Un seul mot : SUPER !
Lorganisation Havas avec des gens tout sourire :
super
Lhôtel : super sauf le petit déjeuner
le jour du marathon (pas de céréales, pas
de pâtes)
La ville de New York (je suis architecte) : Un régal.
Nous y avons fait à pied, à métro,
en taxi le plein de souvenirs pour alimenter beaucoup de
rêveries à venir. Les américains sont
très ouverts et avenants. Ils font de plus de réels
efforts pour comprendre notre anglais de temps en temps
approximatif !
Le marathon (lultra marathon devrait-on dire) car
cela commence à 5h00 par le petit déjener
et cela finit vers 17h30 dans la douche, après être
rentrés à pied de central park.
Cela commence avec la boule au creux du ventre lorsque lon
va chercher le bus devant la « public library »
et que nous sommes accueillis par le sourire des volontaires.
Il y a ensuite larrivée dans la zone de départ
où il faut un temps pour se trouver les bus UPS de
la bonne couleur. La queue devant les sanitaires un grand
nombre de fois , ça occupe et ça fait tomber
le stress.
Placement enfin dans nos « corrals » après
un bisou au mari que je retrouverai à larrivée.
Longue attente et enfin départ pour la ligne de départ
en chantant et en se tenant par les bras. Une larme essuyée
lair de rien après les chants de lhymne
américain et de God bless America (nous sommes nombreux
à avoir lil brillant).
Et enfin le DEPART. Je suis partie comme un lapin tant lambiance
était électrique (angoisse due aux dernières
informations passées en boucle concernant les menaces
dattentats et pensée aux enfants qui sont alors
très loin mais aussi à leuphorie davant
course).
Puis les premiers spectateurs, les premiers groupes de musique
« sauvage » dans les escaliers des façades,
sur les trottoirs. Les spectateurs sont de tous les âges
mais toujours aussi enthousiastes, quelle clameur lorsque
lon est encore sur les ponts et quelle folie lorsque
lon est dans Central park !
Ce marathon , cest mon plus mauvais temps (4h06h09),
mais cest mon plus beau souvenir. Jai pris le
temps de faire des photos, de serrer des mains, de danser
sur la rue, bref de vivre ce marathon.
Jai payé mon départ sur les chapeaux
de roues car jai dû marcher aux 18è,
au 20è, au 22è miles. Ensuite jai littéralement
été portée par la foule dans central
park. Javais sur les conseils de G. Atlan mis mon
prénom sur mon maillot, cétait génial,
je nai pas compté le nombre de « go Lolo
» entendus. A chaque je répondais par un sourire
ou un signe de main (Ce qui ma valu aussi des courbatures
dans les bras). Jai très bien entendu les «
oh, Lolo you cant stop » quand jétais
dans le potage. Cela ma vraiment aidé .
Passage de la ligne darrivée après la
dernière petite côte et là encore des
volontaires souriants pour nous retirer la puce, nous donner
la médaille ou nous donner la couverture dépliée
puis nous laccrocher.
Et enfin retrouvaille avec Jean-Luc mon mari qui en avait
fini lui aussi et qui mattendait dans la zone «
famille » et rentrée tranquille à pied
en ayant pris le temps dencourager nous aussi ceux
qui arrivaient à ce moment là dans le bas
de central park.
Un seul regret, ne pas avoir participé à la
course le samedi matin pour cause de dodo tardif et réparateur.
Un seul reproche à lorganisation du marathon
: une exposition très décevante.
Gérard ATLAN - gerard.atlan@wanadoo.fr
- 10.11.2001
[HAVAS NEW YORK] mon NY à moi
D'abord bravo à tous pour vos commentaires sur ce
marathon.
Que dire de plus que je n'ai pas dit dans "follow the
blue line" ou que vous n'ayez raconté...
L'EMOTION TRES FORTE
D'abord lors de la course de l'ONU où pour la première
fois j'étais porte drapeau et j'ai essayé
de faire la course en tête sans décrocher :
c'est difficile, les gens courent comme des dingues et vus
bousculent pour passer devant les drapeaux (on a dû
courir à 15 km/heure). J'ai personnellement tenu
jusqu'à mi-course après j'ai explosé...
Promis, l'an prochain je la ferai jusqu'au bout.
Au départ du marathon : personne je pense n'a pu
être insensible ni s'empêcher de verser une
larme à L'hymne nationale américaine et au
"God bless America" chantés par un pompier
et un policier surtout dans le contexte de sécurité
sur la zone de départ
DES REGRETS
Toujours lors de la course de l'ONU, les mesures de sécurité
draconiennes ont un peu gâché la fête
: attention, je ne remet absolument pas en cause celles-ci,
mais voir toutes les rues accédant à l'ONU
bloquées par des camions remplis de sable, la première
avenue déserte, interdite aux coureurs (on ne pouvait
passer que sur les trottoirs) et surtout la tension des
policiers qui, contrairement aux années précédentes,
ne nous laissaient pas faire des photos dans leur voiture,
sur leurs motos etc... Mais cela se comprend très
bien
LA PEUR (Et je n'ai pas honte de le dire...)
C'est vrai que j'ai remarqué toutes les différences
sur la zone de départ par rapport aux années
précédentes (les tireurs d'élite sur
les toits, en haut des nacelles des pompiers, au sommet
des piles du pont, l'absence des hélicos et des avions
publicitaires, la présence constante et finalement
peu rassurante des hélicos de la police (j'ai surtout
été impressionné par un hélico
de la police en vol stationnaire juste à côté
du pont pendant qu'on traversait), la présence de
bateaux de guerre de part et d'autre du pont....
Tout cela a fait que lorsque je me suis positionné
sur la zone de départ, j'ai eu très peur,
je me suis demandé ce que je faisais là, j'ai
pensé que j'étais complètement dingue
et il a fallu que je me fasse violence pour prendre le départ.
Ensuite, comme je pense tout le monde, la traversée
du pont était longue, très longue... Il me
tardait d'en finir avec ce pont, et puis la terre ferme,
l'entrée dans Brooklyn et à ce moment, tout
le stress, toute la peur se sont envolés en un dixième
de seconde, Ils étaient tous là, fidèles
au rendez-vous, hurlant et vociférant comme les années
précédentes et même plus que d'habitude,
mon New-York à moi m'était rendu, j'ai pu
grimpé sur mon nuage pour n'en redescendre qu'à
l'arrivée. Et croyez moi, j'en ai profité...
Vu que, compte tenu de mes petits problèmes de santé,
je n'avais aucune contrainte de temps, J'AI PRIS LE TEMPS,
j'ai ouvert mes yeux, j'ai ouvert mes oreilles, j'ai serré
des milliers de mains, je me suis arrêté dans
toutes les casernes de pompiers pour faire des photos (2
pellicules sont passées en 42 km)...
Et les km tombaient, et la joie montait : Brooklyn, la montée
de Lafayette street à la fin de la 4ème av.
de Brooklyn, étroite où tout le monde coureurs
et spectateurs chantaient et dansaient, le passage du semi
avec un petit serrement au coeur car en tournant la tête
ver la gauche les twin's manquaient beaucoup, le Queensborrow
et cet accueil toujours aussi inoubliable à l'entrée
dans Manhattan (impossible de ne pas avoir la gorge serrée)
la longue et majestueuse remontée de la première
avenue où j'ai retrouvé mes copines accompagnatrices
D'havas qui nous attendaient avec le drapeau français
en hurlant pour nous encourager (merci Marier Françoise,
Claudette et Karine), le Bronx, Harlem, Central Park : 4
heures d'enchantement.....
Il faut maintenant redescendre de son nuage, et comme je
suis un petit privilégié, je serai à
nouveau présent pour "mon NY à moi"
le 3 novembre 2002 sur le Verrazzan
Paul
GALLET - Paul.Gallety@wanadoo.fr
[HAVAS - new-york] - Et j'ai pleuré dans Central Park
Et j'ai pleuré dans Central Park en
folie
Rendez-vous mythique des amoureux de courses hors stades,
accros
du macadam, le marathon de New York vient de réunir
officiellement
35 000 participants. Notre collaborateur Michel Seveyrat,
de Bourgoin?Jallieu, était de la fête... Il
nous confie son trop plein d'émotions et même
ses larmes...
" A?lay?la France! A?lay?la France! " Par Lucifer,
ma tête est prête à éclater. A
tout jamais mon coeur a chaviré.
" Allez la France! Allez la France! " Huit cents
fois, mille sans doute et peut?être plus ... je l'ai
entendue cette phrase magique qui, tout autant de fois,
m'a fait frissonner en me serrant le cur. Bien sûr,
tous les "anciens" m'avaient prévenu: "New
York, tu verras ' c'est extraordinaire. L'ambiance est inimaginable.
Et puis, sur ton tee?shirt, mets bien un écusson
tricolore. Ils adorent les Français" "
Oui, j'étais prévenu. Mais, de là à
subir un tel déferlement, une telle tempête!
Non, je dois cet aveu: je n'ai toujours pas réalisé,
New York... c'est géant, envoûtant, époustouflant.
Tout est spectacle même, pardonnez?moi, la misère.
Un Franchie dans la City, c'est une fourmi au pays des Titans.
En levant les yeux, vous vous demandez si le ciel existe
encore tant les buildings s'élèvent, s'élèvent!
New York... il faut y aller au moins une fois dans sa vie.
Pour ma part, de toutes mes forces, je ne souhaite pas que
le temps efface, ni même n'estompe mes émotions.
Ce marathon new yorkais, il m'a, au plus profond de mes
chairs, marqué à l'encre indélébile.
Il y eut tout d'abord ce départ sur le pont Verrazano.
Monstrueux! Il y avait là 35 000 coureurs officiellement
inscrits, piétinant sur place. Le pont, je vous le
jure, se mit à vibrer lorsque, au signal, on s'élança...
en marchant. Ce départ, ce n'est pas au pistolet
qu'il fut donné, mais au canon. Un canon qui, tout
aussitôt, fit hurler à la mort les sirènes
et les cornes de brume, les douze bateaux qui tournaient
en rond, sous le pont et sur les eaux de l'Hudson, tandis
que dans les airs plusieurs avions publicitaires et hélicoptères
nous abreuvaient d'un bourdonnement d'enfer. Les premiers
kilomètres... au milieu d'une marée humaine
bigarrée, chamarrée, survoltée, venue
des cinq continents et de plus de 90 pays... Ces kilomètres
et biens d'autres, je ne les ai pas vus, trop occupé
à regarder où je mettais les pieds et à
me protéger d'un vent dément. Bousculé,
brinquebalé, apostrophé, il m'a semblé,
durant une éternité, que je n'étais
qu'un fétu de paille dans une tourmente.
Et Brooklyn est arrivé. Tout a changé. Cris,
hurlements, you?you sud?américains, sono mise à
fond la caisse... tout cela, je l'ai reçu en pleine
poitrine. Mon cur s'est mis à battre la chamade,
je n'ai pu m'empêcher de frissonner. Sur ma gauche,
au loin ' j'ai aperçu la forêt des pierres
tentaculaires des tours de Manhattan. C'est alors, brusquement,
les yeux ouverts, que j'ai rêvé au Massif du
Tanargue, au fin fond de l'Ardèche méridionale,
où mes lointains, très lointains ancêtres
vivaient dans le froid et le vent, par 1200 mètres
d'altitude, à Loubaresse. Qu'il était loin
ce Tanargue bien aimé! A Brooklyn, où l'on
parle plus de 110 langues, au milieu des constructions du
nouveau monde, je me suis dit combien l'Ardèche est
belle.
Mais, très vite, la cohue m'a ramené dans
la 4e Avenue, d'autant que plusieurs 'Alay?la?Frawnce!",
pas faciles à décoder, venaient de me surprendre.
Tout d'un coup, la folle amitié du peuple new yorkais
me glaça l'échine. Misérable inconnu,
perdu dans un tumulte aussi bruyant que suffoquant, je venais
de comprendre que l'on m'encourageait. J'avais eu, il est
vrai, la faiblesse de faire coudre deux écussons
tricolores et... un "Dauphiné Libéré",
sur mon maillot.
Soudain, la foule insensée qui bondait les trottoirs
m'hypnotisa. Ses cris me nouèrent l'estomac. Ici
et là, des gorges anonymes noyées dans la
frénésie ambiante, lançaient également
des 1 love France" terriblement pénétrants
et émouvants. Pourquoi refuser ces messages d'amour
et ne pas profiter d'un bonheur sans pareil ? Mais oui,
j'étais en train de vivre un pur délire. A
courir de plaisir... Tricoter des gambettes parmi des milliers
de folets et folottes, quel privilège ! C'est ainsi,
du côté de Greenpoint, que j'ai songé
à Philippe Chalande et Rodolphe CécilIon,
ces deux bouillants rugbymen du Nord?Isère qu'une
fatalité immonde brisa au sortir de deux mêlées.
Que j'ai songé au Berjallien, Jeannot Daudé
et à ses 2,04 m méchamment pliés sur
un stade du Languedoc Roussillon. Que tous trois sachent,
qu'à New York, j'ai pensé à eux.
Cela dit, les cris de la foule, se refusèrent à
m'accorder le moindre répit. New York City la majestueuse
s'imposa, sans tendresse, à mes regards désorientés.
New York, qui bouge et qui grouille, renferme tout ce qui
est excessif. De fait, elle est l'exemple même des
mégalopoles, des agglomérations qui accaparent
et écrasent tout ce qui les entoure. Un exemple qui
prouve, si besoin était, que les villes sont parties
à la conquête des campagnes proches et que
nombre de citadins se sont attribués le droit d'imposer
leur pensée aux contrées lointaines. Non,
les campagnes, les montagnes doivent conserver leurs paysans
et leurs moutons.
"A?lay?la?France! Cou?rayge. Alay!" De nouveau
l'amour du publie new yorkais me submergea et je ne pus
m'empêcher de lancer des merci, merci, merci. Oui,
j'avais envie de congratuler la terre entière et
même ce vilain coup du sort qui m'infligea une déchirure
au mollet droit, le deuxième vendredi d'août,
m'empêcha de courir d'orgueil pour me muer en contemplatif.
'Y love France ! Vive la France!" Comment se fait?il
que les femmes et les hommes qui, en théorie, dominent
la planète aient un tel penchant pour notre gaulois
de pays où la gabegie est reine, le souk roi et la
rébellion intellectuelle une religion ?
C'est avec ce mystère en tête que j'ai franchi
le pont Willis, découvert le Bronx et un nouvel accès
de folie. Deux kilomètres plus loin, c'est Harlem,
qui se faufila sous mes yeux, véhiculant une infinie
tristesse. Oui, j'ai vu les chapelles de Harlem. Mais pas
de gospels, seuls deux orchestres étaient au rendez-vous.
Le plus beau, le plus géant, il devait surgir quelques
kilomètres plus loin avec les premiers mètres
dans Central Park. Bêtement, d'un coup, je me mis
à lancer des "Oh happy day?ay?ay ! Oh happy
day!", totalement éraillé... Ce qu'on
est bête quand on transpire de bonheur.
Mais, comment résister à tous ces encouragements,
ces cris, ces chants, ces musiques, cette communion irrationnelle
entre des milliers de gens qui ne se connaissent pas et
qui ne se reverront jamais ? C'est ainsi, tout simplement,
que j'y suis allé de quelques larmes d'émotion.
Allez, que Dieu, S'il existe, conserve ce feu d'amour qui
couve encore au plus profond de la paume de ma main gauche
que je tendais sur le côté en longeant les
trottoirs. Cette paume que le plus grand nombre caressa
mais que quelques-uns explosèrent.
Jamais plus... non plus, je ne pourrai oublier cette formidable
Mama africaine, qui, bien après l'arrivée
et parce que je venais de lui serrer les deux mains m'enlaça
brusquement, me souleva de terre, et m'embrassa de toutes
ses forces. Toi, la Mama, un jour, il faudra que tu l'apprennes:
"Je t'Aime!".
Michel SEVEYRAT
Invraisemblable bizarrerie, trois heures après l'arrivée
de ce trop exceptionnel marathon, j'ai, dans la 8' Avenue,
rencontré Jean?Pierre Presset que j'avais vu partir
le 24 juin de La Côte?Saint?André pour un tour
du monde à vélo sur 5 ans. Après la
Suède, le Cap Nord (le 20 août), l'islande,
le Canada, il se trouvait à New York ce 5 novembre
Christian MAIRE - christian.maire@ipsn.fr
- 12.11.2001
Marathon de New York 2001
Marathon de New York 2001
Nous nous sommes inscrits au marathon de New York dès
le mois de novembre 2000 et pendant un an, nous nous sommes
préparés, entraînés, avons rêvé
le marathon, avons rêvé New York.
Le 11 septembre 2001 notre marathon est devenu "différent".
Notre rêve s'est teinté d'inquiétude.
Nous n'avons pas voulu renoncer. Heureusement !
Mercredi 31 octobre 2001
Nous débarquons à New York, il est près
de 20h heure locale (2h du matin en France). Dans le car
qui nous emmène à l'hôtel on nous lit
les consignes de sécurité pour le retrait
des dossards puis pour se rendre au départ du marathon.
Les sacs personnels sont interdits, nous devrons obligatoirement
utiliser des sacs transparents remis par l'organisation,
nous subirons des contrôles voire des fouilles. On
nous prévient que tout cela prendra du temps et que
du coup les départs des bus pour rejoindre le Pont
Verazzano auront lieu le dimanche de 5h à 7h au plus
tard (le départ du marathon étant à
10h50!). Arrivés à l'hôtel, nous écouvrons
le poster officiel du marathon et le slogan officiel "UNITED
YOU RUN". Le marathon 2001 est bien différent.
Dimanche 4 Novembre 2001
4h45 : Le réveil sonne pour rien, nous étions
déjà réveillés. Une douche rapide,
rasage pour Christian, maquillage pour Nicole, on enfile
le rutilant sweat bleu blanc rouge Havas pour se rendre
au petit déjeuner offert dans l'immense salle à
manger du 18 ème étage de l'hôtel.
5h15 : Grand Petit déjeuner ; On fait l'impasse
sur les oeufs brouillés, les saucisses et le lard
grillé et on se rabat sur les viennoiseries (ne seraient
ce pas plutôt des newyorkeseries ?) le pain et la
confiture. Café américain à volonté
mais on n'abuse pas.
5h45 : retour à la chambre, brossage des dents,
derniers préparatifs . On fixe la puce sur les chaussures,
on enfile le maillot débardeur Havas au couleurs
de la France (et en plus c'est écrit France en gros
dessus pour que les spectateurs ne nous ratent pas) la météo
prévoit plus de 20°C et du soleil pour ce 4 novembre
: ce marathon est vraiment différent. Pantalon, tee-shirt
et le sweat (merci Havas). Le dossard est dans le sac transparent,
tout à l'heure on a collé dessus le ruban
bleu ciel signe de solidarité avec la communauté
de New York marqué "UNITED YOU RUN" : Différent
on vous dit!
6h15 : on quitte l'hôtel, il fait encore nuit mais
la température est déjà douce. Nous
sommes sur la 7ème avenue à hauteur de la
34ème rue et les bus partent de la 42ème (sur
la 5ème avenue) . On décide de rejoindre tout
de suite la 5ème avenue dès fois que les bus
partiraient de plus bas que la 42ème.
6h25 : "Bingo" : le premier bus est stationné
à hauteur de la 40ème et il y a moins de monde
, on est du deuxième départ. En plus on a
de la chance, on est contrôlé par le recordman
du monde des contrôleurs de sacs qui en moins d'une
seconde a inspecté nos sacs et annoncé "that's
good' .Essayez seulement de répéter 'that's
good' 60 fois à la minute et vous verrez . Recordman
du monde on vous dit.
7h00 : Le bus traverse le pont Verrazano d'où on
va partir tout à l'heure. Enorme pont de 2 étages
et de 2 miles de long (ici on compte en miles : va falloir
s'y faire , le marathon c'est 26,22 miles) on l'a tous vu
à la télé. Le bus nous dépose
à l'entrée de Fort Wadsworth : c'est un ancien
terrain militaire qui sert de zone d'attente (là
c'est moins différent c'est tous les ans pareil)
. On se range en file pour le contrôle d'entrée
et 10 minutes après nous sommes dans la zone protégée.
7h 20: le départ est dans 3h30 . On va se chercher
un café et un bagel (gentiment offerts); le bagel
c'est une espèce de pain rond en forme d'anneau et
ça plombe sévère dans l'estomac; vite
un deuxième café ! . on se cherche un coin
de pelouse pour s'asseoir.
8h00 : Le café agit déjà et je vais
tester la plus longue "pissotière" du monde
(300 m) :impressionnant, on passe sur les détails.
8h30 : On cherche où sont stationnés les
bus vestiaires et comme j'ai tout compris au plan qui était
à l'entrée on part à l'opposé
: tant mieux la marche ca détend les muscles. Ca
nous permet de passer devant la tente où commence
la messe; messe spéciale , émotion . Différent
on vous dit.
9h00 : On trouve les bus ; on doit déposer nos affaires
dans le numéro 38 qui bien entendu est tout au bout
de la zone! Pas grave on a le temps! On fait la connaissance
d'un français vieil habitué du marathon de
New York (c'est son huitième New York, sa fille habite
New York c'est plus facile et bien moins cher) qui va nous
tenir agréablement compagnie jusqu'au départ.
A 10h 15 on connaît toute sa vie : ces deux filles,
le gendre qui tient un restaurant français dans New
York qui a été inauguré par je ne sais
plus quelle célébrité, sa révolution
de 1968 sur les barricades à Bordeaux, le couplet
révolutionnaire qu'il chantera tout à l'heure
en traversant le pont vers le Bronx , la phrase qu'il dira
en franchissant le 26ème mile (référence
à la reine d'Angleterre à cause de laquelle
il y a 0,22 miles de plus) . Merci l'ami pour ces moments
bien sympathiques, on espère que vous avez battu
votre record du monde comme vous dites!
10h15: On retire le pantalon, le sweat (merci Havas), le
tee shirt . On épingle le dossard puis on se colle
les deux tatouages " I love New York" sur les
bras et sur la cuisse. Je boucle la ceinture banane avec
l'appareil photo ; On est prêts. On rejoint notre
zone de départ. On se place comme prévu sous
la pancarte verte des dossards 20000 à 23000. Photos
10h 35 : On pénètre sur l'aire de départ
des dossards verts. Pas de chance, les dossards verts prennent
le niveau inférieur du pont alors que les rouges
et les bleus passent au dessus. Tant pis pour la vue. Photos
tout de même.
10h 45 : Départ dans 5 minutes . L'hymne américain
est chanté par un superbe chanteur. On nous avait
dit "vous verrez les américains la main sur
le coeur reprennent en choeur l'hymne" . Et là
silence, juste le chanteur. Les américains ont la
main sur le coeur, ils articulent l'hymne mais ne chantent
pas, c'est une sorte de minute de silence. Certains ont
du mal à avaler leur salive la gorge nouée,
d'autres essuient furtivement une larme. Nous ne bougeons
plus, plus personne ne bouge ; c'est fort , très
fort . Le chanteur finit l'avant dernier couplet en montant
très haut la note, ce qui déclenche les premiers
cris puis bientôt une salve, un tonnerre, un ouragan
d'applaudissements, les américains chantent maintenant
s'ils ne pleurent pas. Nous avons mal aux mains d'applaudir
ça dissimule l'émotion ; l'hymne est terminé,
on fait semblant de se moucher . Très très
différent , rien que pour ça on ne regrette
pas le voyage. Des centaines de colombes blanches
s'envolent dans le ciel. Le brouhaha reprend. "BOUOUOUMMMM"
Le canon vient de donner le départ, surpris on a
sursauté; le canon était à peine à
10 mètre derrière nous et on l'avait pas vu.
10h 51min 15 s : nous passons la ligne de départ.
On ne pensait pas partir aussi rapidement après le
coup de canon. Je n'ai pas encore remis le chrono à
zéro, je bricole; le chrono refuse de démarrer
je réinitialise , le chrono démarre enfin
, faudra que je rajoute 20 secondes. Plus de trente marathons
à mon actif, c'est la première fois que je
rate le déclenchement du chrono ; vraiment différent
ce marathon.
Pont Verrazano : On est au coudes à coudes, foulées
dans foulées mais ça ne bouscule pas, personne
ne cherche à doubler, on est déjà dans
le bon rythme
pour nous (10,5 km/h) . Le premier mile est au milieu du
pont, on a un peu plus d'espace pour courir; on aperçoit
la pointe sud de Manhattan sur la gauche au loin. Aurait
on pu les apercevoir les deux tours jumelles? En bas un
bateau lance des jets d'eau "bleu blanc rouge"
(ce n'est pas spécialement pour les français
c'est aussi les couleurs US). C'est le seul bateau qui ait
été autorisé dans la zone proche du
pont, tout autours derrière lui il y a un barrage
réalisé par une dizaine d'autres gros bateaux
apparemment armés. On pense aux menaces sur les ponts
suspendus . Arrêt photo du bateau. On repart
Fin du pont - Brooklyn : On a déjà chaud
mais on a attendu la fin du pont pour se débarrasser
de notre tee shirt ou sweat qu'on avait conservé
pour traverser le pont; " il y a du vent sur le pont
; couvrez vous" c'est ce que l'on nous avait dit avant
de partir. Aujourd'hui il n'y a pas de vent et il fait chaud
; Différent ce marathon ! on jette les vêtements
derrière un parapet où il y en a déjà
des centaines d'autres; tous ces vêtements seront
récupérés et distribués aux
pauvres de New York; on le savait on avait réservé
spécialement ces vêtements pour ça.
Brooklyn : Voilà les premiers spectateurs et tout
de suite on comprend les anciens ; Du jamais vu, du jamais
entendu; les spectateurs sont partout, sur le trottoir mais
aussi aux fenêtres; ils crient, ils encouragent, ils
chantent. Ce sont les femmes qui crient le plus fort, merci
mesdames! Des spectateurs heureux ça changent de
Paris. Bientôt c'est la 4ème avenue dans Brooklyn
toute droite sur 3 ou 4 miles. Arrêt photo. Il y a
de plus en plus de spectateurs, de plus en plus de cris,
de plus en plus de tout sauf qu'il n'y a pas de musique.
On nous avait promis " des sonos hurlantes aux fenêtres"
et là rien. Serait ce un signe? Différent
ce marathon.
5ème km : je regarde le chrono pour la première
fois, je multiplie, calcule et annonce " on est parti
pour 4h 07". On aurait voulu faire moins de 4h, tant
pis on décide de ne pas accélérer,
de profiter du spectacle. On continue toujours sur le même
rythme. Les ravitaillements uniquement liquides sont tous
les deux miles, c'est bien. On s'arrête à tous,
On en profite pour quelques photos.Ca améliore pas
la moyenne.
10ème km : Ca déroule toujours. On a comme
une impression bizarre que la course n'a pas commencée
tellement on se sent bien, tellement on est heureux d'être
là. Et toujours cette marée de spectateurs
et toujours ces cris. On perçoit les premiers "allez
France", les "la France" lancés par
les spectateurs qui ont eu le temps de repérer nos
maillots vus qu'on n'est pas les premiers du groupe Havas
à passer. On lève le bras pour les remercier
on se retourne pour leur sourire mais il y en a de plus
en plus et si on continue on va finir par courir en marche
arrière. A un carrefour c'est un camion de pompiers
qui assure le barrage. Les pompiers sont debout sur le camion.
Tous les coureurs les saluent, les applaudissent. Ca crie
de plus en plus. Chapeau messieurs!
15ème km : L'euphorie gagne. Le long de l'avenue
les gens tendent la main. On frappe dans la main du grand
balèze noir, on tape dans celles des moins balèzes
et des grands enfants, on caresse celle des dames, on effleure
celles des tout petits. Des gens tendent des mouchoirs en
papier blanc, on ne sait pas à quoi ça correspond
; tradition ? Psychose de l'anthax? . Les "La France"
continuent encore et encore. On a très légèrement
accéléré mais déjà des
premiers signes de fatigue dans les jambes se manifestent.
" Et le canard était toujours vivant" Pourquoi
, oui pourquoi me suis je alors rappeler ce sketch de R
Lamoureux, pourquoi ce canard est il venu courir avec moi?
Fallait il que ce marathon soit si différent?
Pont Pulasky - mi course : Grand pont moche tout en béton
mais d'où on voit Manhattan de près pour la
première fois. Ca monte, il n'y a plus de spectateur,
alors on s'écoute un peu et on a chaud et on commence
à être un peu fatigué et puis on a faim
et il n'y a pas de ravitaillement solide dans ce foutu marathon
différent. On ralentit. Je monte sur le parapet pour
un arrêt photo, je saute du parapet pour repartir
; à l'atterrissage j'ai compris que les douleurs
aux jambes qui m'ont forcé à m'arrêter
après le 30ème dans d'autres marathons vont
se réveiller encore aujourd'hui à moins que
le canard ne me viennent en aide : "Toujours vivant"
Pont Queensboro - 25ème km : C'est ce grand pont
métallique qui nous ramène sur Manhattan.
On a tous vu cette photo de la passerelle métallique
avec la
moquette et les buildings de Manhattan en arrière
plan. Aujourd'hui on ne fera pas la photo. On n'a pas le
droit de passer par la passerelle, on passe par l'intérieur
du pont au niveau inférieur. J'avais oublié
: Ce marathon est différent ! Eh bien je ferais ma
photo quand même. Re parapet, re douleur et à
nouveau le canard . Prépare toi petit; au bout du
pont c'est l'entrée dans Manhattan et là on
nous l'a dit c'est le délire, Brooklyn c'était
le hors d'oeuvre et on va voir ce qu'on va voir et surtout
l'entendre. Alors le canard a moins mal aux jambes; pour
un peu il serait prêt à danser "c'est
la danse du canard , coin coin coin"
Manhattan - 1ère avenue : C'est indescriptible,
inimaginable pour un marathonien moyen et français
de surcroît. Je ne trouve pas de mot pour dire cette
avenue rectiligne décorée de milliers de ballons
multicolores où des milliers et des milliers de coureurs
semblent disparaître à l'horizon entre les
gratte ciels, où les spectateurs déchaînés
sont sur 5 ou 6 rangs, où les encouragements deviennent
indéchiffrables se couvrant les uns les autres; Si
pourtant il y a un mot pour dire, mais le dictionnaire l'ignore
: c'est Manhattanbrantesque ! Alors le canard danse, un
orchestre à coup de tam tam déclenche une
ola parmi les coureurs. "yeah" on lève
les bras, "yo" on les baisse; "yeah"
on lève les bras, "yo" on les baisse; on
fait cinquante mètres comme ça. Jamais vu
ça! Nous devenons spectateurs ,on regarde partout,
on ne veut pas en perdre une miette, on en oublie qu'on
coure. Jamais on oubliera !
Manhattan - 1ère avenue - 30ème km : Après
le seul ravitaillement semi consistant (gels à la
caféine à vomir) la foule est moins dense,
beaucoup moins dense et le canard aussi est moins dense;
il ne danse plus. Il voit la pancarte des 30 km, note le
temps de passage ; la tendance est pour 4h 15. Les jambes
sont très très douloureuses, le mur est là
après le 30ème tous les marathoniens le savent.
Je pensais pouvoir passer au travers; je ne suis pas Fantomas.
J'emplafonne le mur en plein . Je marche, j'ai toujours
mal, je continue de marcher et j'ai de plus en plus mal
alors je m'assois sur le bord du trottoir. Le canard ne
danse plus, la mort du cygne commence. Cinq minutes de massages,
d'étirements : Nicole m'a attendu, elle en profite
pour faire une photo. Il y a du soleil ; "Blessé
seulement" "Et le canard était toujours
vivant" . Je me relève ; Ca repart en marchant
tout d'abord . Et puis il y a cette brave dame noire qui
me regarde dans les yeux, qui serrent
ses deux poings, qui me dit " La France, allez la France".
Je lis dans son regard qu'elle s'est tous les jours qu'elle
sert les poings. Je recoure, j'ai un peu moins mal et dans
une heure se sera fini, y'a qu'a serrer les poings. Merci
madame.
Bronx - Harlem : Je ne crois pas qu'il y avait beaucoup
de monde, je suis ailleurs, un peu dans le cirage. On a
encore traversé deux ponts. Sur le premier ils avaient
déroulés une moquette rouge pour nous éviter
de courir sur le caillebotis métallique, on se prend
pour des princes "On est les champions, on est les
champions, on est, on est les champions" Tiens c'est
pas très révolutionnaire comme chant; je repense
à l'ami du départ. Ca va mieux.
Cinquième avenue : Les spectateurs sont à
nouveau là. Après le hors d'oeuvre de brooklyn
, le plat principal de la 1ère avenue on se prépare
pour le dessert dans Central park. La cinquième avenue
monte, monte, monte interminablement .Il ne faut plus s'arrêter
sinon on ne repartira plus . On saute le ravitaillement.
Vivement le dessert. Photo tout de même.
Central park : Re indescriptible, c'est à nouveau
Manhattanbrantesque, à nouveau l'euphorie, alors
on dépasse la douleur et des coureurs par la même
occasion; on fait au moins du 10 et demi. Les "Allez
la France" redoublent, les "Go, Go" retriplent
, les mains se tendent à nouveau. Dernier mile :
c'est bon, soit encore 10 minutes, là c'est moins
bon : mais quelle idée de compter en miles! Ca rallonge
bon sang! Dernière ligne droite, ca monte un peu
on ralentit histoire de se recoiffer grossièrement
pour la photo d'arrivée et puis surtout parce qu'on
en peut plus et puis la banderolle en travers " FINISH".
Je prends la main de Nicole on lève les bras .C'est
fini.
La douleur a terrassée l'émotion. Un peu moins
de 4h et 23minutes. C'est loin de ce que l'on espérait
mais on est heureux, très très heureux. J'entends
Thierry Rolland qui commente notre arrivée en direct
sur TF1 : "Nicole et Christian ont fait le marathon
de New York vous le croyez ça , Nicole et Christian
ont fait le marathon de New York, quel pied, mais quel pied!
Après ça ils peuvent mourir tranquille, enfin
le plus tard possible; Nicole et Christian ont fait le marathon
de New York !!!"
"Congratulations" répètent les
centaines de bénévoles après l'arrivée.
Couverture de survie, "Congratulations", médaille,
"Congratulations", bouteille d'eau, "Congratulations",
sac de ravitaillement solide (enfin!), "Congratulations"
, camion vestiaire n°38 tout au bout du bout du bout
(conseils pour les futurs candidats : ayez un nom qui commence
par A) "Congratulations" "Congratulations"
"Congratulations".
Merci, merci à tous; c'était Manhattanbrantesque
.
Alain ESPINET - espinet.alain@wanadoo.fr
- 12.11.2001
Marathon de New York 2001
"United we run", cette expression concise restera
dans la mémoire de nous tous, qui plus est pour ceux
qui couraient comme moi leur premier mararhon à New
York!!!
Car outre les coureurs, en quelque sorte le public, les
policiers et les pompiers ont couru avec nous en ce jour
béni pour l'Amérique. En effet tout était
étrangement mélé, le 11 septembre et
demain, la tristesse et la joie, le recueillement et l'explosion
de liesse, le risque et le sentiment de protection, l'inconnu
et le familier, l'effort et le bien être...nous étions
chez eux mais comme chez nous, nous étions des inconnus
mais interpellés comme de la famille, nous avions
la souffrance de la course que nous rejetions immédiatement
à la pensée des disparus, nous pleurions à
chaque manifestation de sympathie et avons ri en franchissant
la ligne d'arrivée, heureux que nous étions
de leur avoir dédié tous nos efforts, toute
notre volonté...
J'ai appris et donc j'ai volé le sentiment qu'un
marathon peut se courir autrement qu'enfermé avec
soi, inquiet de son chrono, à l'écoute des
douleurs diverses, avec dans la tête le passé
difficile de tout son entraînement et la détermination
de la ligne d'arrivée...il fallait ce 04 novembre
2001 porter et se faire porter par cet ensemble qui criait
sa peine et son bonheur à la fois...
Jamais nous aurons aussi bien donné quatre heures
de notre existence, jamais nous n'aurons reçu autant
de sympathie!! New York 2001 : "United we stand".
Plus terre à terre, merci à toi, Gérard
Atlan pour la richesse de cette idée sur le Net...il
est vrai que nous étions à New York avant
que l'avion ne s'y pose, il est vrai que nos jambes étaient
déjà familières au trajet et il est
vrai que nous aimions déjà tous ces Américains
avant de vraiment les vivre aussi intensément...
Merci à Havas pour leur organisation, pour notre
tenue de course qui fut essentielle, capitale pour les New
Yorkais à qui nous donnions ainsi le plaisir inavoué
de parler ou de crier "in the french language".
Enfin aussi merci à tous ceux qui sont restés
dans les bureaux à Montpellier, tous les travailleurs
de l'ombre car leur accueil fut toujours d'une extrême
aimabilité, d'une patience admirable et d'une disponibilité
absolue...
Alors sans doute à bientôt, le temps de redescendre
sur terre, de se fixer un nouvel objectif, un nouveau défi...la
routine tristounette après tout ce formidable événement!!!
Bernard Magron - ber.magron@wanadoo.fr
- 18.11.2001
MON MARATHON DE NEW YORK
Ayant participé à plusieurs marathons dont
Paris en 2000 et 2001, mon rêve était de courir
celui de NY, pour mes 50 ans, ma famille et mes amis m'ont
offert le voyage. Ne parlant strictement aucun mot d'anglais,
mon fils Laurent (pour ses 20 ans) s'est fait une joie de
m'accompagner. J'ai suivi tout au long des semaines et des
jours précédents le départ :
Follow the blue line (merci à Gérard), qui
a répondu à toutes les questions que je me
posais.
Mis à part quelques soucis avec mes bagages qui ne
sont arrivés à l'hôtel que le samedi
matin, et une arrivée tardive à l'hôtel
le mercredi soir, suite à un déroutage sur
Chicago, le séjour a été exceptionnel.
Que dire du premier marathon que nous avons fait dans les
avenues de NY..les gratte-ciel, la statue de la Liberté,
les magasins, NY le soir, le retrait du dossard..DU BONHEUR
Que dire de la course de l'ONU, où Laurent, qui n'est
pas un adepte du sport avait décidé de participer
avec moi, bien qu'il ait eu du mal à suivre la cadence
imposée par certains, il a été ébloui
par l'ambiance qui régnait entre les coureurs de
tous pays. Il a eu du mal à terminer, et le ravitaillement
à l'arrivée a été le bienvenu,
mais après avoir récupéré, ses
premiers mots ont été : c'est vraiment trop
tard pour s'inscrire pour le marathon...DU BONHEUR.
Que dire de la journée du marathon, où j'ai
savouré chaque instant...DU BONHEUR.
- du réveil, où j'avais la sensation qu'une
grande journée m'attendait
- du petit déjeuner où nous faisons dans la
bonne humeur, le plein de calories
- du retour dans la chambre, au moment d'enfiler la tenue
de course que j'avais pris soin de préparer la veille
- de la dernière photo avant l'embarquement dans
les bus
- de l'embarquement dans les bus, où aucun coureur
n'est debout (merci aux organisateurs)
- du trajet en bus, pendant lequel le chauffeur sans doute
excédé par un contrôle de gendarmerie,
a arraché un panneau de signalisation en voulant
reprendre l'autoroute
- de la descente du bus, où j'aperçois pour
la première fois le verrazano (photo)
- de l'entrée dans l'enceinte de l'ancienne base
militaire (je ne suis pas dépaysé, je suis
militaire de carrière),où nous allons devoir
patienter pendant 4h30, mais il y a tellement de choses
à observer
- de l'attente sur l'aire de départ, de la petite
larme essuyée lors de l'exécution de l'hymne
national américain et de God bless América,
l'émotion est à son comble.
- de la traversée du verrazano, où j'ai apprécié
le moment présent de participer à mon NY,
j'aurais voulu qu'il dure, dure...J'ai fait attention de
ne pas partir trop vite, pour ne pas me griller dès
le départ. Durant cette traversée longue de
2 miles aucun sentiment de peur ne m'a effleuré,
bien que j'avais aperçu les tireurs et les hélicoptères.
- de la fin du pont, l'entrée dans Brooklyn, les
spectateurs sont partout, les encouragements et les premiers
« allez France » montent de la foule.
- de l'arrivée dans Manhattan, du pont en entend,
le bruit grossir au fur et à mesure que l'on en termine
avec la traversée du pont, là l'émotion
me saisit, et je ne peux pas m'empêcher de m'arrêter
un petit peu pour apprécier pleinement de l'instant...DU
BONHEUR A L'ETAT PUR.
- de la remontée de la 1ère avenue, où
la foule est considérable, je me sens porté
par les encouragements, j'ai essayé de voir si je
rencontrais le regard de Laurent, peine perdue dans cette
marée humaine, les spectateurs sont sur 5 ou 6 rangs,
l'ambiance est indescriptible et inimaginable. J'aperçois
des coureurs à perte de vue devant et derrière
moi dans cette immense avenue qui paraît sans fin
(mais que j'apprécie particulièrement).
- du passage dans Harlem, me permets de reprendre un peu
mes esprits et de me consacrer un peu à ma course.
- de la montée de la 5ème avenue a été
un peu dure pour moi, j'aurais bien eu besoin d'un ravitaillement
solide, deux verres de Gatorade viendront à mon secours
et me permettront de repartir.
- de l'entrée dans Central park est elle aussi inoubliable,
toujours cette foule aussi présente et réconfortante,
j'encourage quelques coureurs qui ont des difficultés
à terminer.
- de l'arrivée qui est aussi un grand moment, elle
m'a permis d'oublier pendant un moment la fatigue.
- du moment de franchir la banderole d'arrivée, j'ai
eu pensée pour ma famille et mes amis grâce
auxquels j'ai pu vivre ces moments qui resteront gravés
dans ma mémoire, et j'ai dit à ce moment précis...
RIEN QUE DU BONHEUR .
- de l'accueil dans le zone d'arrivée, par les volontaires
qui avaient tous et toutes le sourire au moment de me remettre
la médaille (un seul regret, ce n'est pas une charmante
hôtesse qui me l'a remise), la couverture et le ravitaillement
solide (auquel j'ai largement fait appel).
- des retrouvailles avec mon fils, qui avait l'air aussi
fatigué que moi, mais dont les yeux exprimaient beaucoup
de bonheur d'avoir vécu cette journée.
- du retour à pied à l'hôtel, ¾
d'heure, où nous avons profité pour éliminer
les toxines.
- du repas du soir, en tête à tête avec
Laurent (au détriment de la soirée organisée)
où nous nous sommes raconté notre marathon..
DU BONHEUR.
Voilà mon marathon qui pour nous deux restera un
souvenir impérissable et vous l'avez compris un grand
moment du BONHEUR, pour un père marathonien et son
fils.
Pierre Jouglard - PJOUGLARD@nomosparis.com
- 20.11.2001
Que l'aventure fut belle!
Et pourtant l'inquiétude était forte dans
les jours précédant le départ de Paris!!
La famille, les enfants, les amis, n'osaient pas toujours
me le dire en face compte tenu des heures passées
à l'entraînement depuis deux mois, mais beaucoup
pensaient (certains l'ont dit) qu'il fallait une bonne dose
d'égoïsme (et les dernières menaces d'attentats
sur toutes les ondes la veille de notre départ!)
pour maintenir malgré tout ce voyage et laisser ses
enfants.
Et puis quoi que l'on se dise, j'étais loin moi aussi
de partir sereinement. Mais les premières discussions
dans la zone "groupe" d'Air France, le contact
sympa avec mon voisin de voyage qui avait aussi "abandonner"
épouse et enfant (petit reproche d'ailleurs à
Havas sur l'absence d'endroit de rencontres à NY
surtout pour les coureurs partis seuls, compte tenu de l'éclatement
dans des hôtels différents et parfois éloignés)
ont fini de balayer les appréhensions et le début
de boule à l'estomac.
L'arrivée en début d'après midi le
jeudi me permet d'aller chercher immédiatement mon
dossard, avec une certaine déception sur le lieu
et l'étendue de l'expo pas franchement emballante,
et ..... dodo à 8 heures (locales!! soit 2h du mat').
Ce sera d'ailleurs le menu de mon séjour alors que
cela ne m'était plus arriver depuis bien longtemps
(8h, 9h coucher, debout 5h ou 6h).
Entre vendredi et samedi, je crois bien avoir fait au moins
un marathon en marchant dans les rues de NY avant celui
du dimanche . La ballade organisée le vendredi matin
était superbe avec un temps magnifique et une guide
vraiment très intéressante (pour pouvoir la
conserver car elle est vraiment très sympa et compétente,
c'était la ballade partie du Marriott!).
Et merci Gérard pour le tuyau sur le ferry vers Staten
Island, je me suis régalé sur l'aller retour
le vendredi AM.
Seul point "noir", je suis passé prés
de Ground Zero en recherchant une bouche de métro
pour revenir à l'hôtel et j'ai été
saisi par l'odeur acre de brûlé qui régnait
sur tout le quartier.
Je me suis également arrêté devant plusieurs
casernes de pompiers et ce fut un moment de forte émotion
avec ces photos (nombreuses) des disparus, les
dessins d'enfants, les fleurs et tous les témoignages
de sympathie sur de grandes feuilles à l'entrée
de chaque caserne.
Samedi! Et nous voilà réunis pour la photo
de "famille" avant la friendship run ce qui permet
de repérer quelques visages connus dont mon voisin
de voyage avec qui je cours bien tranquillement (et pas
à 15kmh de moyenne!!) en bavardant sous les quelques
gouttes de pluie qui seront pratiquement les seules de notre
séjour! Et là pas sympa du tout de nous lâcher
sous la flotte et trempés dans central park avec
mission de rentrer comme on peut en grelottant à
nos hôtels respectifs. C'est une des rares choses
que je n'ai franchement pas apprécié dans
l'organisation de notre séjour. Mais bon, la pluie
y est certainement pour beaucoup.
Le soir j'ai été ravi de ne pas "sauter"
la pasta party car le cadre est très sympa et l'ambiance
aussi. On discute avec des coureurs venant d'horizons différents
et franchement l'organisation est à la hauteur. Quand
au feu d'artifice, ce sera pour une autre fois!!! (aucune
explication d'ailleurs pour ceux qui comme moi attendaient
sur l'aire d'arrivée! en dehors de l'annonce sèche
de l'annulation)
Et le grand jour arrive!
Debout à 5h (comme d'hab !!) et bon petit déjeuner.
J'avais tout préparé la veille au soir et
comme il ne s'agissait que de mon deuxième vrai marathon,
j'avais scrupuleusement suivi les conseils de Gérard.
Il ne, me restait donc qu'à enfiler mes chaussures
(la puce ayant été fixée la veille)
et ma tenue avec mon survet à abandonner et mon pull
pour le passage du pont.
Le sac transparent était prêt et aller zou
toilette, un bon stock de vaseline et c'est parti.
Les bus étant parfaitement organisé me voilà
à 6h 45 (soit 4h avant le départ) dans ce
charmant fort militaire. Et bien heureusement qu'il faisait
beau pour se reposer dans l'herbe!! Parce que 4 h c'est
long!!!!!!
Et comme j'étais en zone bleu j'ai quand même
passé 30 minutes (toujours ça de gagné)
à trouver la fameuse pissotière géante
. Gérard pitié pour ceux qui se retiendrait
avant de la trouver! Dis leur que c'est au fin fond de la
zone verte! (à moins que ça change chaque
année ou que je me sois trompé de
pissotière!!)
Et puis l'heure H est arrivé avec ses jets de vêtements
(au lieu de garder mon pull vu la chaleur, j'ai conservé
ma veste de survet et adieu pantalon et pull... bon courage
à celui qui voudrait reconstituer le puzzle du survêtement!!!))
et rassemblement sur l'aire de départ. J'ai été
comme beaucoup très ému au moment des deux
hymnes chanté "a capella" et dans un grand
silence sur l'aire de départ. Je n'avais à
ce moment là (ni après d'ailleurs) aucune
ppréhension pour le passage du pont alors que comme
beaucoup d'autres je m'étais mis depuis longtemps
en tête (et nous en avions discuté la veille
avec d'autres coureurs) que Verrazzano était effectivement
la cible idéale pour un attentat et que nous serions
sûrement très tendu jusqu'à l'entrée
dans Brooklyn. J'ai simplement pensé à une
américaine avec qui j'avais discuté lors de
la pasta party , qui était à NY le 11 septembre
et dont les deux grandes angoisses étaient le beau
temps (à chaque fois qu'elle était revenu
à NY depuis le 11 septembre pour ses affaires et
qu'il faisait beau comme ce jour là elle me racontait
qu'elle était prise d'angoisses sans pouvoir arriver
à se raisonner) et le fameux pont. Peut être
parce que pour mon premier marathon à NY je ne pouvais
voir les changements par rapport aux autre années.
Une anecdote d'ailleurs sur cette américaine qui
n'avait pas prévu de courir mais qui a été
appelé du fait visiblement de nombreuses participations
antérieures et qui avait été contacté
semble-t-il compte tenu d'un certains nombre de défections
des inscrits initiaux (?)
Merci Gérard pour avoir sué tant et plus dans
ma veste par plus de 20° y compris dans la descente
du pont. Quant au premier mile, il n'a pas fallu que je
ralentisse après un départ trop rapide, j'avais
déjà prés de deux minutes de retard
sur mes temps de passage! (en tout cas, super les bracelets
dénichés à l'expo avec tous les temps
de passage par mile en fonction de son objectif final)
Et puis l'extraordinaire a commencé dans Lafayette
street.
Jamais je n'aurais pu imaginer une ambiance pareille! L'image
qui m'est venu en comparaison quand je me suis retrouvé
à naviguer sur le bord de la route
dans un bruit incroyable en tapant dans toutes ces mains
tendues (parfois gantées!!), est celle de la montée
de l'alpe d'huez dans le tour de France. Ces "allez
france", "go, go" ..., ce monde massé
sur le bord (que dire des rangées de spectateurs
sur la première avenue) tout était fantastique.
Et ce supporter français avec son maillot de l'équipe
de France de foot que j'ai vu au moins à trois reprises
et qui avait du sacrément bien repérer son
chemin. Et pourtant ce fut dur, beaucoup plus que je ne
l'avais imaginé
J'ai commencé à avoir mal aux jambes dès
le 20ème KM ce qui ne m'était jamais arrivé
sur mes deux premiers marathons. La fin de la 1ere avenue
était interminable et je l'ai fini au milieu de la
chaussée déconnecté de l'extérieur
essayant juste de faire avancer les deux piquets douloureux
qui me servaient de jambes. J'étais tellement content
de tourner et d'attaquer la 5ème avenue qu'elle m'a
semblé plus facile. Et puis ce fut l'apothéose
dans central park.
Les dernières forces jetées dans la bataille,
l'impression d'être dans une arène, saluant
la foule malgré les boules qui se formaient derrière
les cuisses à chaque fois que je levais les bras
(les crampes étaient vraiment très proches!),
les encouragements à quelques concurrents français
exténués et qui tout d'un coup s'accrochaient
pour finir le mieux possible, ce coureur désespéré
allongé par terre perclus de crampes à quelques
centaines de mètres de l'arrivée, et puis
cette foule fantastique qui criait, cela restera des souvenirs
inoubliables malgré le 4h 00mn 01s (et oui çà
existe!!) assez éloigné du temps souhaité.
C'est vrai, ce n'est pas une course comme les autres et
particulièrement nous a-ton dit, cette année!
Et puis tous ces petits morceaux de vie qui resteront longtemps
dans ma mémoire, l'accueil superbe des bénévoles
à l'arrivée, l'organisation sans faille mais
qui m'a obligé à aller chercher mon sac bien
loin dans central park, ce serviteur zélé
du métro m'interdisant l'accès malgré
mon dossard ("you have to pay"!!!) et m'obligeant
en maugréant à ressortir pour trouver un peu
plus loin une entrée bien plus accueillante, les
regards et sourires échangés avec ceux et
celles qui arboraient fièrement leur médaille,
enfin cette policière à l'aéroport
le lendemain qui m'oblige à boire dans la bouteille
d'eau que j'avais à la main pour vérifier
que son contenu est "correct"!!.
Maintenant j'ai compris pourquoi ceux qui l'ont déjà
couru répètent sans arrêt que NY ce
n'est pas qu'un marathon mais c'est aussi une vraie et belle
fête .

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